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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 16:44

J'avais publié le 09/10/2013, un article déjà intitulé                                                       "HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI".

Avec Jean Claude PICOLET nous nous sommes posé la question de savoir s'il fallait compléter cet article, ou en écrire un nouveau.

D'un commun accord nous avons privilégié cette dernière solution pour rendre l'article plus visible pour les lecteurs;

          Michel.

HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI

Sur le blog de Michel a été publié, le 1/12/2008, un historique du 22e RI depuis sa création le 22 mai 1956 à Sathonay dans l'Ain jusqu'à son installation en Algérie. Mais, il est peu fait état du 1er bataillon dans cette aventure.

Il est vrai que cette unité a toujours vécu à part de son régiment et à même eu une fin inattendue. Aussi, j'ai décidé d'effacer cet oubli en ne me limitant pas à la simple énumération de quelques dates et de quelques faits des débuts.

INSTALLATION EN AFN.

Le 1er bataillon a été créé lui aussi le 22/05/1956. Je pourrai dire ressuscité car il descend d'une ancienne et glorieuse lignée. Sa constitution est intervenue au camp de la Fontaine du Berger sur le territoire d'Orcines, une commune toute proche de Clermont-Ferrand. Il n'était composé pratiquement que de "rappelés". Mais pourquoi des rappelés ?

Quand il a été décidé d'envoyer en Algérie pour a -t-on dit à l'époque, maintenir l'ordre, les besoins étaient importants. Les moyens étaient eux insuffisants. Et il était hors de question d'envoyer tous les appelés sous les drapeaux puisque nombre d'entre eux n'avaient aucune formation militaire et ne savaient qu'à peine tenir un fusil. Comme par ailleurs ce n'était pas une guerre, il était impensable de procéder à une mobilisation. C'est, je pense, pour cette raison, que l'on a rappelé ceux qui parfois venaient tout juste d'être démobilisés et qui, théoriquement pouvaient combattre.

Il va sans dire que cette décision ne rencontra pas l'adhésion des intéressés. Ils étaient donc contre, d'autant qu'il n'était pas question de défendre notre territoire. En général, l'ambiance dans les unités était mauvaise et l'indiscipline notoire y compris pour les mesures de sécurité. Ce qui contribua sans aucun doute à des pertes importantes.

Quoiqu'il en soit, le 31/05/1956, l'effectif du bataillon s'établissait à 820 militaires dont 33 officiers, 115 sous officiers et 672 hommes de troupe (source JMO du 1/22 comme la quasi totalité des informations de cet article).

Le 15/06, le bataillon quitta le camp pour la gare d'Issoire à une trentaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Un train spécial gagna Marseille pour le camp Sainte Marthe. Et le 16, il embarqua sur le "Ville d'Oran" qui leva l'ancre à 12 H destination Alger.

Le débarquement commença à 7 H et la troupe gagna le camp du 1er REP à Zéralda où elle cantonna jusqu'au 22. Ce jour-là, des camions transportèrent le bataillon à Paul Robert, une ville proche d'Orléansville. Le voyage dura de 8 H à 19 H. Un bivouac l'attendait.

Le 1/22 RI, comme tout le régiment d'ailleurs dépendait de la 9ème DI constituée pour la circonstance en mai. Son PC sera définitivement installé à Orléansville le 1/09/1957.

Le 7/07, le bivouac éclate. La 1ère compagnie demeure sur place mais la 2 gagne Rabelais. Le 8, la 3 rejoint Masséna et le 9 la 4 s'installe à Fromentin. Enfin le 10 le PC du bataillon et la CCAS cantonnent à Charon. Opération implantation terminée. Et du 27 au 30/07, le 1er bataillon participe à sa première opération (dénommée opération 301) dans la région de Miliana, à l'Est dans la zone de la 9ème DI

HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI

MOUVEMENTS DE TROUPES

Pour le 1er bataillon, la farandole commence parfois avec des mouvements apparemment aberrants. Le 3/07, la 4e compagnie quitte alors Fromentin pour Bois Sacré (Gouraya). Elle remplace celle qui occupe les lieux, en renfort du 3ème bataillon, depuis le 11/07, à savoir la 6ème du 2ème bataillon dont le PC est à Montenotte depuis son arrivée en AFN et qui regagne son unité.

Arivent également, la 1ère compagnie à la ferme Maître près de l'embouchure de l'oued es-Sebt et la 2ème également à Gouraya. Puis, le 3/08, la 2ème et la 4ème partent pour Loudalouze afin de laisser la place au PC du bataillon et à la CCAS au Bois Sacré. Ils n'en bougeront plus.

Mais la 3ème "débarque" elle aussi à Gouraya le 6/08 pour filer le 10 à Tighret. Et le 11, la 1ère déménage pour Loudalouze poussant la 4ème vers Villebourg le 18.

Le 1er bataillon étant maintenant regroupé, son quartier est délimité. Il comprend la commune de Gouraya et les douars de Bouhlal et de Andak. Mais les mouvements continuent avec le transfert de la 2ème à Bouyamine.

Suit une période de calme sur le terrain mais l'organisation militaire s'affine avec la création de la zone nord de la 9ème DI. Tout d'abord la création du secteur de Cherchell en août parachève le détachement du 1/22 de son régiment qui va vivre en autonomie  jusqu'à sa fin. Puis, le 1/10, le colonel Rieutord, patron du 22e RI depuis le 16/09, est nommé également commandant du secteur de Ténès qui vient d'être créé.

L'intensité des mouvements de troupe diminue notablement. Elle se résume à des ajustements. Comme la mise en sommeil, le 1er décembre de la 4ème compagnie dont les effectifs sont répartis mais qui sera néanmoins réactivé le 25/02/57 pour s'installer à la ferme Maître. Ou encore la 3e qui quitte Tighret le 5/12 en laissant une section derrière elle pour gagner Villebourg puis Dupleix le 23. Cette section sera d'ailleurs relevée le 30/02/57 par une autre section de cette compagnie, la 2ème. Ou enfin comme le regroupement, à Loudalouze, le 15/02 de toutes les sections de la 1ère.

Il n'empêche que sur le terrain les mouvements se multiplient pour couper le FLN de la population, car comme cela a été dit en plagiant Mao Tsé-Toung, "les fellaghas sont dans la population comme un poisson dans l'eau". La réponse fut simple : "enlevez l'eau". D'où des regroupements de population, la multiplication des petits postes du "Quadrillage", la création des GAD.

Mais un problème majeur demeurait, celui des effectifs. En Algérie, celui du 1er bataillon était passé de 850 hommes à 1150 avec les renforts pour retomber à 590 après le départ des rappelés; Et que dire de l'encadrement ramené de 36 officiers à 14 et de 143 sous officiers à 44. Une calamité !

Or si on pouvait demander pour ceux-ci un effort aux centres de formation, notamment à l'école d'EOR de Cherchell, pour les hommes de troupes, les classes "creuses" arrivaient car correspondant à la mobilisation de 1939 pour la "Drôle de guerre" puis le flot des prisonniers en 1940. Et rien ne pouvait être envisagé avant le "baby boom" de la paix retrouvée. Il fallait donc faire appel en masse aux supplétifs. Ainsi, à la 1ère compagnie de Bou Zérou, si l'effectif était de 120 hommes environ fin 1960, les militaires de carrière et les appelés ne représentaient que 25% de l'ensemble. Le reste, mis à part quelques rares engagés ou appelés FSNA, était composé de harkis originaires pour la plupart de 5 ou 6 douars du Sous-quartier de Bou Zérou. Fort heureusement pour nous, les volontaires ne manquaient pas.

Il restait le secteur sud-est à contrôler. Aussi il a été décidé de construire un poste pour la 1ère compagnie. Les travaux commencèrent mi-1957. Bou Zérou était né. Le 9/09/57, la compagnie quitta Loudalouze pour venir s'y installer et on regroupa toute la population de l'oued Kebir sous sa protection. Et la 1ère section, après réaménagement des lieux, releva à Tighret celle qui s'y trouvait.

La mise en place était maintenant terminé et les unités pouvaient se consacrer à leur principale mission.

Puis brusquement, contre toute attente, le 1/22 fut dissous le 31/10/1961. Somme toute une mesure logique compte tenu de sa situation ambiguë. Mais pourquoi avoir attendu cinq années pour y procéder.

 

HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI

LE 146è RI

CONSTITUTION

Dans les faits, le régiment absorba 3 entités particulières. Le /22 RI tel que nous l'avons connu, le 2/2 RI, implanté à Marceau qui devait se trouver dans la même situation et la compagnie commando de chasse du 146è BI qui en deviendra la 8ème compagnie. Mais on peut avoir l'impression que rien ne changea, si ce n'est l'appellation. Au moins pour le 1/22, on retrouve les mêmes hommes aux mêmes endroits et exécutant les mêmes missions. J'ai même l'impression que personne ne remarqua le changement de statut. La meilleure preuve, personne n'en a parlé.

Dans son interview, J-P Brésillon ne l'évoque pas, bien qu'il ait quitté Bou Zérou en décembre 1961. Et il n'en parle pas dans ses articles publiés par Historia Magazine. Et son fils que j'ai rencontré n'en a pas eu connaissance.

L'instituteur civil qui officiait à Bou Zérou avec lequel je suis en contact semble l'ignorer. Il était pourtant sur place début octobre 61 jusqu'en mars 62. Il est vrai que c'était un civil mais comme il prenait ses repas avec les sous officiers, il aurait dû en entendre parler. Mais en ont-ils parlé ? Et les documents remis qui ont été publiés sur le blog (le faire part du père cent) indiquent toujours le 1/22 pour une fête qui s'est tenue le 12/11. Mais peut être ces documents ont été imprimés ou pour le moins commandés avant la date fatidique.

Mais le plus curieux, c'est le sous-lieutenant Serge Laethier, je l'ai connu à Bou-Zérou et il m'a rejoint au 93ème RI au camp de Frileuse début mars 62. Nous nous sommes rappelé des souvenirs, il m'a donné des nouvelles du "front", mais jamais il ne m'a dit qu'il n'y avait plus de 1/22 RI. Sinon cette nouvelle m'aurait frappé et je me la rappellerai alors que je l'ai apprise récemment le JMO de ce bataillon.

Le comble de l'ironie est atteint avec Raymond Personnaz, un témoin (dont nous reparlerons plus avant) affecté au 1/22 RI en septembre 1961 qui ignorait cette transformation. Quand je le lui ai apprise, il s'est précipité sur son livret militaire. Son départ de l'armée comportait bien un cachet administratif du 146è RI.

HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'information circule difficilement dans les unités. Quand elle circule.... Ce qui ne me surprend pas d'ailleurs. J'ai découvert il y a quelques années dans les archives de Vincennes, en consultant les ordres de Bataille, des citations accordées à certains de mes hommes et à un chef de GAD qui marchait souvent avec moi en opération alors même que j'étais encore en poste. Aussi, plus rien ne m'étonne. On ne m'a jamais demandé mon avis. Et je n'ai jamais pu les en féliciter.

Quoiqu'il en soit, le 146ème RI a bien existé et son premier commandant en fut le colonel de Lassus Saint-Geniès par ailleurs commandant du secteur de Cherchell. Pour peu de temps puisqu'il a quitté ses hommes le 19/11/61. Le 1/22 devint le groupe de compagnie n° 1 du 146ème RI avec le commandant Ledoux à sa tête.

ACTIVITE

Jusqu'au mois de février 1962, le JMO de (l'ex 1/22) rapporte des faits tels que précédemment. Si ce n'est la suppression du convoi Francis Garnier Ténès le 25/12/61. Une page a été tournée. Ce fut le commencement de la fin. Et l'année 1962, dès le mois de février, se présenta mal. Comme si le résultat des accords d'Evian était connu. En fait, on n'en attendait rien car on savait que nous étions prêt à tout lâcher pour nous sortir au plus vite de cette situation. 

Le 12/02/62, ce fut le démontage de Tighret et de la tour radio de 844 et le repli sur Bou Zérou. Ce poste avait dû remplir son rôle puisqu'il était haï. Ce qui lui valu d'être saccagé le 11/03. Et peut-être par des civils. Le 6/03, nous abandonnâmes Sidi Yahia et Beni Hatteta.

Et le fin du fin, le 20/03 nous abandonnions le poste de Bou Zérou à la 2eme batterie du 43e RA, une unité de la nouvelle Force Locale en lui laissant les matériels divers heureusement usagés ainsi que les bâtiments. Une note de la hiérarchie précise même que tout doit être remis en excellent état, "pas même un carreau de cassé" était-il précisé. Le 22/03, nous agissions de même pour Bouyamine et Dupleix.

Ce qui, bien évidemment, entraina le désarmement des GAD de Bou Zérou le 24/03 comme ceux par ailleurs de Sidi Salem, de Béni Hatteta et d'Iril Ourzou. Néanmoins nous avons continué à administrer nos harkis.

Et le retrait se poursuivit. Le 5/04 Bou Zérou fut définitivement abandonné. De même que Loudalouze. Et le 20 ce fut le tour de Villebourg. Le quartier de Gouraya rétrécissait comme une peau de chagrin.

Mais comme nous l'a dit Jacques D, notre instituteur de Bou Zérou, présent sur place à cette époque, vraisemblablement en sous main, la 1ère compagnie a pris la précaution de largement approvisionner le GAD de Larioudrenne en armes, munitions et grenades car il lui fallait des moyens pour éviter d'être exterminé.

Donc, exit la 1ère compagnie qui n'a plus d'activité. Depuis le 3/04, elle est devenue, comme prévu aux accords, Compagnie cadre de la Force Locale théoriquement basé à Villebourg mais en fait au Bois Sacré comme l'a indiqué JD. Après l'l'évacuation de Villebourg, la 1ère compagnie n'est plus retenue dans la Force Locale et le 21/04, elle part s'installer au Chenoua-Plage, un site touristique très connu et très prisé du Chenoua, djebel situé à l'est et près de Cherchell.

Comme je l'ai dit, le JMO du GCN° 1 est correctement tenu jusqu'aux accords d'Evian. Si ce n'est que les opérations diminuent pour finalement disparaître. An contraire des désertions avec armes de Harkis, de GAD, d'Appelés FSNA qui elles progressent. Les "ralliés" habituels de la 25ème heure.

A compter du 19/03/62, la teneur change. On ne rapporte plus que les distributions de tracts (FLN mais aussi OAS), les vols, les braquages, les pillages, les dégradations sur les bâtiments et surtout les personnes éxécutés parfois non identifiées, souvent mutilées, que l'on découvre dans des sacs, des caisses et commises par le FLN voire l'OAS. Chaque fait est rapporté brièvement mais avec précision dans le plus pur style militaire adéquat. C'est effroyable ! Incroyable !

A compter du mois de mai, les rédacteurs du JMO, peut être blasés, sinon écoeurés, voire désabusés, se contentent de signaler les faits en les classant par nature et en les quantifiant : x vols, x assassinats, sans aucune autre information. Cela devient totalement abstrait, il n'y a plus de place pour l'affectivité. En fait, le JMO n'existe plus puisqu'il ne rapporte plus rien. Il ne nous dit même plus ce que deviennent les unités qui se retirent. On a la désagréable impression qu'elles s'évaporent. Mais, peut être avaient-ils des instructions.

Et"nos" harkis dans tout cela ? Ce sont pourtant eux qui étaient avec nous sur le terrain et qui nous ont permis de "tenir" quand l'Armée était exsangue sur le plan des effectifs. Le saurons-nous un jour ?

Pourtant, on signale toujours, après cette date, des mouvements pour des familles "récupérées". Par exemple le 28/06/62 pour des familles de la région de Gouraya (Harkis, GAD ?) prises à partie par la populace avec un bilan de 2 FSNA tués et 2 blessés. Sans plus. Ou encore, le 20/08 le départ pour la métropole, depuis le camp de Souma, de familles récupérées. Le camp, les camps de Souma, près de Blida ont été des centres de regroupement pour le rapatriement. Ils furent ensuite utilisés par le FLN mais pour d'autres raisons...

Lors de recherches sur le Net, nous avons découvert que, en août 62, le 146e RI s'est implanté dans la Mitidja et à la fin de l'année dans la région de Blida à El Affroun et Mouzaïaville. Et que le 30/05/63, l'Etat-Major et la CCR ont été dissous. Seuls demeurent sur place le 1er et le 2ème Bataillons qui feront mouvement pour la France.

Officiellement, le 146e RI, du moins ce qu'il en reste, a été dissous le 31/03/63 au camp de Sissonne.

On ne peut que regretter tant de témoignages perdus ! Mais peut-on les passer sous silence, les oublier ? Je n'en suis pas certain !

LES MOIS D'ERRANCE

Pourtant un témoignage capital, nous en avons découvert un. Par le plus grand des hasards. Un acheteur de l'étude sur l'embuscade du 28/02/1957. Comme nous habitons à proximité l'un de l'autre, nous avons pu nous rencontrer et devenir amis. C'est Raymond Personnaz dont nous venons de parler.

Bien évidemment, il n'évoque que son cas personnel et l'unité dans laquelle il a été affecté. Mais il ignore tout des 4 compagnies de terrain. Il n'en a même jamais entendu parler. Néanmoins, bien que partiel, son témoignage est d'un grand intérêt historique. En effet, il a pris des notes sur des agendas de poche. C'est le genre "annales" tenues par les moines au Moyen Age.

Raymond P. a effectué ses classes au 93è RI à Frileuse et débarque en Algérie le 13/09/61. Il transite normalement par Ténès pour ^tre affecté au 1er bataillon au Bois Sacré-Gouraya. Il se retrouve chauffeur de half-track et participe à différentes missions. Ce sont les prétendus Accords d'Evian qui interrompent la routine avec l'obligation pour l'Armée de se retirer progressivement de l'Algérie. Trite fin alors qu'elle "tient" le terrain !

Rappelons que progressivement les compagnies de l'ex 1/22 débarquèrent au Bois Sacré qui n'a certainement pas équipé pour cela. Bien qu'il ne faille pas éxagérer. La 1ére Compagnie dont j'ai fait précédemment partie comprenait environ 120 hommes dont 90 harkis qui, à un moment ou à un autre, en majorité, ont dû être désarmés et renvoyés dans leur foyer. Ce qui donne une trentaine d'arrivants. Je doute fort qu'il n'en soit pas de même pour les autres compagnies. Ce n'est donc pas un raz-de-marée. Mais il fallait bien faire de la place; Et tous étaient condamnés à partir...

Raymond fit partie du premier convoi qui comprenait le PC du bataillon et sa CCAS (compagnie de commandement, d'appui et de service). C'était un déménagement définitif. C'est à ce moment là qu'il récupéra des cartes militaires abandonnées sur une table dans le batiment des officiers.

Les premiers départs ont eu lieu le 26 mars 1962 à 14 heures pour Desaix à une vingtaine de kilomètres à l'est de Cherchell sur la route d'Alger, l'ancienne Nationale 11. Le 19/04, cette unité gagne le Chenoua-Plage à quelques kilomètres au nord dans la baie du Chenoua au nord-ouest et proche de Tipaza. Elle est rejointe le 2/04 par la 1ère compagnie qui vient de quitter Bois Sacré.

Le 30/05, Raymond quitte le Chenoua et, via Desaix, le 3 gagne Alger avec une unité chargé du maintien de l'ordre, notamment dans Bab el Oued pour notre ami. Les militaires gardent leurs armes, même après l'indépendance mais avec l'interdiction de s'en servir.... Néanmoins, ils continuent à avoir la bougeotte. Installé primitivement dans une école désaffectée, ils gagnent ensuite une usine abandonnée appartenant précédemment aux cigarettes "Le Globe" dans le quartier des 3 Horloges et finalement sur le front de Mer plus prestigieux.

HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI

Le 2/08, il bénéficie d'une permission dans sa famille en France. Il revient le 25 et gagne le camp de Souma à 7 km au sud de Boufarik et 5 km au nord de Blida, où son unité a pris son nouveau cantonnement. Pour peu de temps d'ailleurs car, le 27/08, Raymond rejoint Marengo pour effectuer le P2 et obtenir son grade de sergent. Le 2/10 retour à Souma.

Pas le temps de défaire son paquetage avec un nouveau déménagement le 3/10 pour les 4 Fermes avant de rejoindre Mouzaïaville le 30/11/62. Il n'en bougera plus. Le 8/01/63 il embarque sur le "Ville d'Oran" pour Marseille et le 10/01, retrouvera ses pénates. Il sera libéré de ses obligations militaires le 25/01/63.

Raymond n'a jamais été affecté à El Affroun. Mais il sait qu'une unité du 146eme RI y avait ses quartiers car il y a effectué une mission le 6/02/62.

 

    Jean Claude PICOLET avec la précieuse collaboration de Raymond PERSONNAZ

 

Pour une meilleure lecture, nous reproduisons ci-dessous une carte militaire plus lisible mais particulière du secteur nord de Blida.

HISTOIRE DU 1er BATAILLON DU 22ème RI

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Published by Michel - dans HISTOIRE
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