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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:11

LA 10ème COMPAGNIE DU 3ème BATAILLON EN POSTE A BORDJ BAACH

Extrait du DAHRA journal de liaison du 22ème R.I.

 

 

  Est ce par simple hasard que la 10ème Compagnie du 3/22ème Régiment d’Infanterie se trouve maître d’un Bordj, alors qu’elle quittait celui de MARCEAU ?….   Personne ne pourrait le dire. Toujours est-il qu’en ce moment elle est fière d’occuper ces lieux et de les défendre.

  On dit que BORDJ BAACH est le point crucial de la division . Cela est peut être beaucoup dire, il est pourtant une chose certaine, c’est que nos chefs y attachent une très grande importance, tout est dû à son emplacement ; les pistes venant de CAVAIGNAC,  d’EL MARSA, de PAUL ROBERT, et de FROMENTIN, s’y croisent . Les vallées dominées par de puissantes chaines de montagne, offrent aux vues du Bordj tout ce qu’en général elles cachent par pudeur. Ces vues sont d’ailleurs très plongeantes en ce qui concerne la grande vallée qui se poursuit vers St LOUIS de TALASSA et CAVAIGNAC. Ce qu’on appelle les « zones interdites » sont à proximité et il suffit de faire de nombreuses sorties pour augmenter sérieusement les difficultés de déplacement des bandes rebelles.

  Pour lancer une opération, BORDJ BAACH convient parfaitement comme base de départ.

  Tout ceci pour dire que BORDJ BAACH a une importance primordiale de par sa position.

  Du point de vue « histoire du Bordj », on peut dire qu’il existe depuis la conquête de l’ALGERIE et qu’il était consacré à l’habitation du Caïd du Douar BAACH. Encore dernièrement, le fils de l’ancien Caïd, qui vient souvent parler avec les militaires du Bordj, pour entretenir l’amitié, nous disait qu’il était venu au monde dans la pièce qui sert actuellement de bureau de Compagnie. Naturellement, l’aspect général du Bordj à changé et les murettes de pierres avec créneaux de tir, doublées par de larges rangées de barbelés ne lui donnent certainement pas un aspect pacifique, et nombreux sont les ARABES qui craignent ce démon puissant qui ne cesse de les observer.

  Et pourtant, petit à petit les habitants osent franchir les enceintes, soit pour voir l’infirmier qui est sans nul doute le bienvenu dans le douar, soit pour discuter avec l’officier de renseignements de la Compagnie, qui, ayant le privilège de parler leur langue, est leur plus grand ami, et peut, armé d’une subtilité peu commune, découvrir le renseignement utile. D’ailleurs, personne n’ignore le nombre de suspects arrêtés dans le douar BAACH et expédiés à FROMENTIN. Ainsi très rapidement, les habitants du douar se sont rendus compte que les soldats Français ne leur voulaient que du bien et cherchaient uniquement à châtier les mauvais. D’ores et déjà, on peut dire que dans un rayon de 4 à 5 kilomètres les habitants se sentent en sécurité, par le fait qu’ils voient très souvent les militaires, et que les différents chefs de section les appellent par leur nom. Il est rare qu’au cours d’une opération, le café ne soit offert et qu’un brin de causette ne soit fait. Tout le monde reprend confiance et qui sait si un jour ou l’autre les rebelles ne vont pas trouver les portes des « mechtas » closes et les habitants hostiles à leurs actions !…

  A toute cette œuvre de pacification, le militaire participe avec bon cœur car il sent que c’est une bonne chose ; pourtant il n’est pas toujours très heureux et bien souvent il souhaiterait voir autre chose que ces montagnes arides, ces barbelés rébarbatifs, ces tentes offertes aux prises du vent. D’où inévitablement, il sombre dans un sentiment d’isolement, que les autorités essaient de faire disparaître par la mise en route d’un foyer que les anciens adeptes de la coloniale ne manquent pas de faire fonctionner, par l’installation de douches chaudes, et par certains jeux comme celui des boules, qui fait rage en ce moment. Naturellement rien ne vaut le travail pour faire passer le temps et oublier ses peines, c’est pourquoi tous les jours, les sections qui ne sortent pas fournissent des hommes pour les travaux de construction que nos amis du 586 B.T. avaient déjà sérieusement commencées . Inutile d’ajouter que le courrier qui monte à chaque convoi de ravitaillement requinque le moral de chacun.

  Enfin, pour ceux qui auraient envie de venir à BORDJ BAACH, je leur conseille de venir en hélicoptère, ils ne seront pas en peine pour se poser, car, il ya à proximité une D.Z. bien visible et il ne risqueront pas de se tromper, car pareillement à une gare ferroviaire, on peut lire le nom en grandes lettres sur le toit d’un des bâtiments.

  Militaires et habitants du BORDJ BAACH souhaitent ardemment que le Bordj redevienne une habitation paisible et un centre de vie.

 

 

   Le Capitaine.

Le texte m'a été remis par A. ROUSSEL

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