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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 14:54

LE COMMANDO DE SECTEUR DE TENES

EN OPERATION PRES DE FLATTERS

 

Le 13 décembre 1957, alors que je revenais d'une opération de 3 jours à l'extrémité de notre secteur près d'ORLEANSVILLE, je suis contacté par radio par l'Etat Major qui me demande de ne pas rallier TENES, mais de rejoindre FLATTERS pour me mettre à la disposition d'un chef de Bataillon. Nous venions de crapahuter 3 jours dans le djebel, nous étions fourbus, pas rasés et il fallait sans rentrer au poste repartir en opération. Ce même jour alors que l'on m'avait signifié la fin de l'opération et que je regagnais mes K.36-dans-le-secteur-de-POINTE-ROUGE-C.REDON.jpgvéhicules, j'ai croisé dans le brouillard, la harka du Bachagha BOUALEM. Je n'étais pas informé de sa présence, je ne suis pas sûr qu'il était au courant de la mienne avec mes 25 harkis, toujours est-il qu'au contact ce fût la surprise!.... Nous ne fûmes pas loin de nous tirer dessus, et ce jour là, les foulards "jaune et rouge" nous ont sûrement sauvé la mise.                                                                                                                   Lors de la réunion des chefs d'unité, j'exposais mon problème et sollicitais d'être affecté au bouclage. Le Capitaine de corvette GUILLAUME qui commandait le commando du même nom, assistait à cette réunion, habillé en djellaba. On accéda à ma demande, on me remit la carte d'état major du secteur où je devais opérer, et l'on me précisa mon emplacement dans le bouclage. A cinq heures du matin après une courte nuit sous la toile pour mes hommes, et dans une cabine de G.M.C. en ce qui me concerne, nous prenons la piste. Après quelques kilomètres d'une piste défoncée, nous sommes arrêtés sur un oued, dont le pont avait vraisemblablement été détruit dans la nuit. Comme d'habitude, les véhicules se serrent sur l'obstacle, il est toujours très difficile dans ces situations, de faire respecter les distances. Je pousse un coup de gueule, et j'installe très rapidement un groupe en protection sur les hauteurs  avoisinantes. Les chauffeurs se mettent alors au travail pour traverser l'obstacle. Mes G.M.C. étaient équipés chacun de deux rails de chemin de fer que l'on assembla par deux pour les poser dans l'entraxe des roues des véhicules. CARTEAU avec son G.M.C. tenta le premier le passage, il ne voyait pas les rails, et fût guidé au geste par un autre chauffeur. La traversée fût longue et extrêmement périlleuse. Je décidais donc d'employer une autre méthode. Nous avions un véhicule de l'autre côté, et il pouvait tracter  avec son "crabot" et un câble. On traverserait à gué une cinquantaine de mètres plus loin. La descente ne posa pas de problème, les G.M.C. et les half-tracks passant pratiquement partout. La remontée fut plus difficile, heureusement le premier véhicule nous fût d'un grand secours, les engins patinaient et faisaient un bruit d'enfer. Enfin je regroupais tout mon personnel et je reformais le convoi. Quelques kilomètres plus loin, alors que nous circulions sur la piste, deux hommes sortent en courant d'une mechta à une trentaine de mètres et s'enfuient. Immédiatement nous stoppons, et après deux ou trois "arroua mena" je commande le feu. Les deux hommes sont abattus, ils étaient porteurs de pistolets, et nous avons récupéré une musette pleine de documents que j'ai remis au chef de l'opération. Cette dernière s'est déroulée sans autres incidents, à l'exception du retour. Mes véhicules Un-passage-difficile-en-operation-photo-Pierre-RABAUD.jpgavaient regagnés FLATTERS, et il me fallait les récupérer. Sur la carte, je relevais une piste à environ cinq kilomètres à vol d'oiseaux de notre position. Je demande à mes véhicules de venir me récupérer à cet endroit, et je me mets en route. Il était environ trois heures de l'après midi, et j'estimais qu'il ne me faudrait pas plus de deux heures pour rejoindre les véhicules. Le terrain était beaucoup plus tourmenté que je l'avais estimé, de nombreuses ravines nous coupaient la route, et il fallait les contourner, la forêt de plus en plus dense nous barrait le passage et rallongeait notre circuit. En cours de route, je récupérais quatre hommes du commando GUILLAUME qui s'étaient perdus. Ils me demandèrent de marcher en tête, ce que je ne leur refusais pas. Les jambes devenaient lourdes, et la nuit commençait à tomber, je contactais par radio mes véhicules, et je leur demandais de tirer quelques fusées pour que je les localise. Je n'étais plus qu'à une centaine de mètres d'eux. Il m'avait toutefois fallu près de six heures pour les rallier. C'était l'une des rares fois que j'étais en bouclage, et je rentrais malgré tout fourbu. On embarquait, je passais par FLATTERS pour déposer les quatre gars du commando GUILLAUME et assister au débriefing et l'on prenait le chemin de TENES, et pour ma part mon poste au VIEUX TENES.

 

 

         Ss Lt. Michel FETIVEAU

 

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Published by Michel - dans NOTRE VECU
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