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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 10:40

L'EMBUSCADE DU 28 FEVRIER 1957

SUR LA PISTE DUPLEIX - BOUYAMENE

 

Pour compléter le récit J.C. Picolet voici les interventions et les opérations qui ont été menées, à partir du camp de Béni Bou Hanou, auxquelles toute la section a participé après l'embuscade de Dupleix.

 

Notre section la 4ème faisait partie de la 2ème compagnie située à Bou Yamene, mais détachée au camp de Béni Bou Hanou, situé à mi-chemin sur la piste Bou Yamene/Tazerout. Nous sommes arrivés en décembre 1956 pour relever les rappelés, et quitter ce camp en juin 1957 pour la ferme Maître.

la-ferme-MAITRE-a-GOURAYA-photo-C.ROCHARD.jpg     La ferme Maitre (photo Claude Rochard)

Le convoi de ravitaillement montait chaque semaine jusqu'à Béni Bou Hanou pour nous ravitailler, je connaissais plusieurs camarades et gradés qui ont été tués dans l'embuscade.

Camp-de-BENI-BOU-HANOU-2eme-Cie-photo-C.ROCHARD.jpg

     Camp de Beni Bouhanou (photo Claude Rochard)

 

Dans la liste de ces malheureux figurent deux camarades de notre section qui avaient pris le convoi pour descendre à Gouraya.

Paul Lafitte pour des soins dentaires, il a été blessé, et est décédé suite de ses blessures le 03 mars 1957 3 jours plus tard à l'Hôpital Maillot Alger.

Robert Bories permissionnaire libérable, a été tué dans cette embuscade, il rentrait en France.

Paul Lafitte   Robert-Bories-.jpg

 

Il est exact que les permissionnaires descendaient à la C.C.A.S sans arme, ils n'auraient donc pas pu riposter.

 

 

A l'époque le nombre de fellaghas en embuscade avait été estimé à cent vingt, nous connaissions bien cette piste pour l'avoir prise plusieurs fois. Les taillis et les buissons assez denses arrivaient jusqu'aux bords de la piste, c'est ce qui a sans doute permis aux attaquants de mieux se dissimuler ?

Après l'embuscade les versants ont été déboisés de chaque côté sur environ sur 30 mètres.  

Dés la connaissance de l'embuscade des opérations de bouclage, et de ratissage ont été immédiatement mise en place pour l'ensemble du 1er bataillon.

Béni Bou Hanou

La piste Bou-Yamène Dupleix à une distance d'environ 20 Kilomètres, à chaque fois que le convoi montait la moitié de notre section partait pour la journée en protection sur les crêtes surplombant la piste. Je ne connais pas le point kilométrique où se trouvait notre groupe ce jour là, mais je pense qu'il devait-être assez éloigné du lieu de l'embuscade.  

L'autre groupe dont je faisais partie, était resté de garde au poste. Vers 15 heures, nous avons vu arriver par la piste venant de Tazerout un convoi d'une dizaine de G.M.C. qui amenait en renfort une compagnie de tirailleurs sénégalais, ils sont aussitôt partis en ratissage, (voir photos)

BENIBOUHAOU-Camions-des-Senegalais.jpg

     Convoi des tirailleurs Sénégalais à Béni Bou Hanou (photo Claude Rochard)

A aucun moment nous n'avons vu de troupes héliportées sur notre secteur.

Le soir en revenant au camp, les tirailleurs sénégalais, ont ramenés une quinzaine de suspects et un camarade mort René Presle, les prisonniers ont été interrogés par le chef de section le lieutenant Christian Pasteau, (Saint-Cyrien)

Béni Bouanou interrogation par le Lt Pasteau de suspect ap

     Interrogation d'un suspect par le lieutenant Pasteau (photo Claude Rochard)

Ce lieutenant après avoir servi au 22ème R.I. a été affecté par la suite au 1er régiment étranger de parachutistes, il a été tué le 19 décembre 1959 à Zéralda région de Cherchell

Christian-Pasteau-parcours.jpg 

Vers 20 heures notre groupe (10 hommes) qui était resté au poste dans la journée, dirigé par le sergent Hébert a reçu l'ordre d'aller monter une embuscade, à la jonction de deux sentiers muletiers, éventuels chemins de repli des fellaghas.

Nous sommes restés en position jusqu'à 1 heure du matin, étant à découvert, nous avons été obligés de décrocher car la situation devenait dangereuse, deux T6 nous ont survolés à plusieurs reprises et ont commencé à lancer des lucioles, ces dernières éclairaient la nuit comme en plein jour. Nous avons cru être repérés et pris pour des rebelles, Le sergent a jugé plus prudent de redescendre se mettre à l'abri sur la piste en contre bas.

Camps de Bou Yamene et de Dupleix (ferme Buthiaux)

Dans son compte-rendu le commandant Cailhol indique que la section du lieutenant Christman de la 2ème compagnie de Bou-Yamène et la 3ème compagnie du capitaine Medy de Dupleix sont arrivés en renfort sur les lieux 15 à 20 minutes plus tard pour dégager les survivants. Un de mes camarades venu de France avec moi, faisait partie de la section Christman.

Louda Louze

Pour la 1ère compagnie postée à cette époque à Louda Louze, nous n'avons eu aucun renseignement sur sa participation aux recherches des H.L.L.

Après l'embuscade, nous sommes restés trois semaines sans être ravitaillé, notre approvisionnement c'est ensuite fait par parachutage depuis un Nord Atlas et cela jusqu'à fin juin 1957 date de notre départ pour à la ferme Maitre

près de Gouraya.

Ravitaillement-de-BENI-BOUANOU-par-un-nord-atlas.jpg

 Nord Atlas ravitaillant le poste après l'embuscade (photo Claude Rochard)

 

Aïssa choc des cultures.

50 ans après cette guerre un Chouf qui avait 11 ans en 1957 raconte un événement qui se serait produit après l'embuscade. Ce récit est paru dans le nouvel Obs du 17 septembre 2008.

 

Pendant mon séjour au 22ème nous n'avons jamais eu connaissance de ce fait, les autorités ont-elles voulu taire cet évènement ? 

Cet ancien chouf indique dans son récit qu'un jeune soldat français, aurait été fait prisonnier lors de la bataille de Bou-Yamène et aurait été emmené à travers le djebel pendant 15 kilomètres, pour rejoindre le village Hayouna, situé dans l’arrière pays de l'Oued Messelmoun.

Ce prisonnier n'est pas René PRESLE, que les tirailleurs sénégalais ont retrouvé mort sur le lieu de l’embuscade et qu’ils ont ramené le jour même à Béni Bou Hanou. J'étais présent quand l’infirmier a soulevé la toile de tente qui le recouvrait, il était sur une civière encore habillé de son treillis, et de son casque, mais il ne portait aucune trace de lapidation.

Claude Rochard

 

 

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Published by Michel - dans TEMOIGNAGES
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commentaires

DUPARET Michel 01/12/2014 11:12

Compliments pour ce site que je découvre aujourd'hui.
Je vais le parcourir.
Des erreurs dans les appellations des matériels.
Un Scout-car n'est pas un Half-track qui veut dire "semi chenillé"
L'AMX des gardes mobiles est en réalité une AM Ford M8
De même le VAB Panhard est encore une AM Ford M8
Voir mon site:
Matériels de la Guerre d'Algérie
Avec toute ma sympathie.
Michel Duparet
58/1B 27 mois appelé du contingent en Algérie, Beni-Messous et Constantine

aissa@gmx.fr 01/12/2014 07:18

Je persiste et signe que le jeune soldat métropolitain fait prisonnier le 28 février à Bouyemen (Dupleix), pour l'avoir approché de près et lui ai offert des oeufs bouillis. J'ai rencontré
plusieurs personnes d'autres secteurs, qui ne se connaissent pas, qui ont vu le même prisonnier. Et j'ai également rencontré plusieurs individus qui ont assisté directement et activement, vers le 3
mars 1957, à Hayouna, dans l'arrière pays de Oued Messelmoun, à son atroce mise à mort par lapidation.

Le chef de ses ravisseurs, le successeur de Abdelhak qui avait été tué à Bouyemen en tentant de décrocher une mitrailleuse de la tourelle d'un Half-Track, se nommait SIHKA.

Je tiens à préciser que les éléments de l'ALN dirigé par Si Abdelhak, de son vrai nom Mohamed Hannoufi, qui ont opéré le 26 juin 1956 à Saadouna et le 28 février 1957 à Bouyemen combattants et
auxiliaires, étaient au nombre d'environ 40 éléments et non pas 200 comme indiqué par le Capitaine Assémat ou 180 par Mohamed Taguia.

A l'aller comme au retour avec leur prisonnier, avec armes et paquetage prélevés sur leurs victimes à Bouyemen, ces combattants avaient fait une halte sous notre toit situé au douar Aghzou-Yettou,
dans la vallée de Kellal, où un couscous les attendait. Je les ai vus et soupesé leurs armes.

Mon témoignage sur l'accrochage de Saadouna du 26 juin 1956, qui avait opposé la même section de l'ALN dirigée par le même Si Abdelhak aux force coloniales, qui avait nécessitait l'intervention des
renforts sénégalais, de l'aviation, qui avait fait au moins 50 victimes dans les rangs des forces coloniales dont deux dépouilles de soldats métropolitains ont été enterrées au cimetière chrétien
de Gouraya et au moins 22 tirailleurs africains ont été incinérées dans leur cercueil dans l'enceinte du même cimetière, qu'aucun historien algérien ou français n'a rapporté à ce jour à ce jour, du
moins à mon humble connaissance.

L'Etat algérien a érigé un monument à l'endroit de l'accrochage. On m'a dit, sans que j'ai pu le vérifier moi-même, que cet accrochage avait lieu le 26 juin 1956.

M. Faivre a écrit dans l'un de ses ouvrages, sans préciser la date exacte ni le lieu de la tuerie : 14 tués du 22ème RI en 1956 (archives inédite de la politiques algériennes, L'Harmattan, 2000,
page 174. Quand et où ont-ils été tués ? Sans doute a-t-on minoré le nombre de victimes des soldats métropolitains et passé sous un complet silence le nombres des victimes africaines.

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