Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 11:00

UNE EMBUSCADE SUR LE SERVICE DU COURRIER DE TENES.

 

Le poste de vaguemestre dans un certain nombre d'unités était une planque très recherchée. Ce n'était pas le cas à TENES où chaque matin il fallait partir chercher ce courrier à ORLEANSVILLE. Cinquante trois kilomètres séparaient les deux villes et la Tenes-les-gorges-de-l-oued-Allhala.jpgroute empruntait dès le départ les gorges de TENES. Elles n'étaient pas aussi célèbres que celles de PALESTRO, mais elles étaient malgré tout très dangereuses. L'oued ALLALAH avait façonné dans le massif montagneux une trouée pour rejoindre la mer. La tranchée était  sinueuse, avec des parois abruptes, et la route avait vraisemblablement été construite en suivant des chemins muletiers sur la berge de l'oued. Du VIEUX TENES jusqu'au Moulin des gorges sur environ 5 kilomètres, cette route était dominée de toutes parts par la montagne. Ensuite on traversait une plaine agricole très riche où stationnaient en permanence des cigognes. Cette portion de route était moins dangereuse, d'autant que des unités militaires étaient implantées au Moulin de MONTENOTTE, à CHASSERIAU et à WARNIER que l'on traversait.

Le vaguemestre effectuait 6 fois par semaine l'aller retour TENES ORLEANSVILLE, l'esprit pas tout à fait tranquille. A cette époque le convoi se composait d'une jeep et d'un G.M.C. avec 6 ou 7 hommes en arme. Il fut plus tard renforcé jusqu'à WARNIER Half-tracks.jpgavec un half-track et tout son équipage, ce qui n'empêcha pas qu'il essuya à plusieurs reprises des tirs. Il aurait suffit d'obstruer la route avec des roches ou des arbres dans les gorges pour pouvoir mitrailler  tout à son aise les occupants des véhicules. A notre avantage, ces déplacements se déroulaient toujours la matinée, or les fellaghas répugnaient à attaquer tôt dans la journée, des bouclages pouvant être mis en place en fin de matinée, ce qui laissait à l'armée française tout l'après midi pour les débusquer. Leurs embuscades étaient plus souvent réalisées en milieu d'après midi, ce qui leur octroyait toute une nuit pour fuir et se fondre dans la montagne.

Le 13 septembre 1957 le 2ème Bureau de TENES est informé qu'une embuscade est prévue le lendemain matin dans les gorges sur le service du courrier. Le 14 septembre, une opération est rapidement montée avec le concours du commando de TENES, et un peloton de gardes mobiles. Le départ du courrier fut retardé, et aux environs de 11heures 30, il prit place dans un convoi plus important protégé par les half-tracks de la CCS et les EBR de la gendarmerie mobile. Les cinq derniers camions dans lesquels le commando de TENES et les gendarmes mobiles avaient pris place, quittèrent le convoi dès la sortie de la ville pour prendre la piste qui contourne par l'ouest le massif boisé qui domine les gorges. La montée se termina à pieds et à 13 heures le dispositif de ratissage était en place. Les blindés du convoi avec le personnel administratif de la caserne embarqué sur des GMC, assuraient le bouclage au fond des gorges. A 13 heures 30 le ratissage commençait. La végétation était très dense et l'on avançait lentement et prudemment. Ce n'est qu'en milieu d'après midi que le contact fut établi. Deux rebelles habillés en treillis et armés de fusils de chasse firent feu sur deux éclaireurs de tête du commando en leur criant "haut les mains". J'avais inculqué aux porteurs de pistolet mitrailleur MAT 49, une technique de tir instinctif qui m'avait été enseignée en stage d'officiers de commando à ARZEW. On déposait devant soi une boite de conserve ronde d'un kilo à une quinzaine de mètres. On réglait son tir l'arme à la hanche sur la boite, et par de courtes rafales (deux ou trois balles) on essayait de la faire avancer devant soi. Certains de mes éclaireurs de tête avaient très largement dépassé le maître et étaient devenus experts en la matière. En l'occurrence, deux très courtes rafales et les deux rebelles étaient hors de combat. Trois autres s'enfuirent et se réfugièrent dans une grotte. Malgré le tir de notre fusil mitrailleur mis en batterie, nous ne réussissions pas à les déloger, et deux de mes hommes avaient été très légèrement blessés par des plombs de chasse. Tout en maintenant la pression sur la grotte un groupe commandé par le sergent chef DENEUX contourna celle-ci et passant au-dessus mis hors de combat les trois fellaghas avec des grenades. Les cinq rebelles étaient tous porteurs d'un fusil de chasse, et ce ne fut pas une mince affaire pour les sortir de la forêt, et redescendre sur la route pour rejoindre les camions que l'on avait Fells-tues-dans-une-operation-J.COMMES.JPGcontactés par radio. Ils furent tout d'abord déposés à la caserne LAVARANDE où le 2ème bureau vint les identifier et la gendarmerie procéder aux constatations et dresser procès verbal. Puis l'officier du 2ème bureau décida d'exposer leurs corps sur la place publique. Personnellement je n'approuvais pas cette démarche qui vraisemblablement suscitait plus de vocations pour la rébellion que de ralliements à notre cause.

C'est la seule opération du commando de TENES qui connut la réussite durant l'année 1957, sur des renseignements fournis par le 2ème Bureau.

 

 

Michel FETIVEAU avec la collaboration de Jean Claude SATIAT  de Francis BARBE et de Roland BAUDRU.

Partager cet article

Repost 0
Published by Michel - dans NOTRE VECU
commenter cet article

commentaires

Michel FETIVEAU 17/12/2010 20:34


Ce blog a été créé pour permettre aux anciens du régiment de se retrouver. Tu constateras que nous parlons beaucoup plus de nos morts. Et en racontant les accrochages que nous avons eues nous nous
contentons de citer le nombre de morts, mais jamais de noms; d'ailleurs nous les ignorons.


tenes 17/12/2010 18:37


pourquoi que 53ans plus tard tu as décidé de parler de cette opération? cette guerre etait -elle juste?pourquoi? pour les 05 martyrs ils sont enterrer aux cimetiere de tenes entourés par un mur
pein en blan et leur nom sont gravés sur deux petites stéles


Michel FETIVEAU 16/12/2010 14:03


Je ne possède pas d'autres photos de cette opération. et je ne comprends pas la demande d'inscription que tu formules.


elh 16/12/2010 12:38


pour tenes
a ce que vous pouvez inscrire les noms de ce chohadas
parce que je ponse l'un de ces chohadas est mon grand pere?
et pour michel je crois que vous avez autre photos de cette operation
a ce que vous pouvez les ajoute?


Michel FETIVEAU 16/12/2010 09:26


Comme je l'ai exprimé dans l'article je n'étais pas d'accord pour cette exposition. Je n'y ai donc pas participé et j'ai regagné mon poste au Vieux Ténès.


Présentation

  • : Le blog de Michel
  • Le blog de Michel
  • : La vie des jeunes appelés durant les évènements en ALGÉRIE de 1956 à 1963 dans la région de TENES.
  • Contact

Recherche