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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 16:12

SI  BREIRA  M’ETAIT  CONTE 

Extrait du DAHRA journal de liaison du 22ème R.I.

 

 

   Une gentille étudiante a bien voulu nous faire part de ses impressions sur BORDJ BAACH dans le DAHRA  N° 4, en nous précisant « BORDJ BAACH »  B…… B……. pour les intimes.

 

   Elle ne serait pas dépaysée ici, car pour nos intimes....., et elle en serait immédiatement, BREIRA les BAINS, c’est B…. B… aussi, pourquoi pas !…… Ces « bains » sont justifiés, par le port tout d’abord. PORT-BREIRA est notre débouché sur la MEDITERRANEE. C’est surtout le point d’embarquement du minerai de fer qui va nous chercher des devises à l’étranger, après avoir fait vivre le pays. Ce minerai de fer, surtout celui extrait de BENI AKIL près de BREIRA, est tellement fameux qu’il a été le seul retenu pour la confection des roues de la célèbre locomotive BB 7001, orgueil de l’industrie ferroviaire FRANCAISE. Voilà pour les BB. Les « bains » sont encore justifiés, si besoin est, par la situation de notre compagnie en deux postes, car l’on se met dans le bain tantôt dans l’un, tantôt dans l’autre, et pour cela il pleut souvent.

 

   Mais je vais passer la parole au Sous Lieutenant CERVEAUX nouvellement affecté, qui va nous dire si nous avons fait du Bon Boulot, ou de la Besogne Biscornue, s’il est resté Bouche Bée, ou les Bras Ballants, enfin s’il nous trouve Braves Bourgeois, ou Bôvres Bougres. Ensuite la parole sera donnée au Sous Lieutenant ANTINOW qui nous révèlera quelques Briscards Bizarres de la compagnie !….

 

   Le détachement du Bordj Capitaine PORTMANN commandé par le Sous Lieutenant GAILHARD n’interviendra pas cette fois-ci , car son histoire est plutôt morose actuellement. Lorsque nos camarades y seront mieux installés, ils nous feront certainement un beau papier pour le DAHRA. Donc « dessus » !.. c’est la devise de la compagnie.

 

   Le Sous Lieutenant CERVEAUX ( volontaire pour la 6ème Compagnie, car paraît-il , elle a plus de six mois de séjour à BREIRA et doit être relevée bientôt ).

« J’aurais voulu faire un récit de mes impressions d’arrivée dans un style académique, mais l’introduction qui précède, de par sa forme, m’en dissuade. Je resterai donc dans la ligne du DAHRA, et puisque me voici devant  le front du Régiment, je serai objectif…… et franc.

J’ai été reçu à la 6ème Compagnie comme un chien dans un jeu de quilles. Déjà en route, à partir des gais rivages de FRANCIS GARNIER, le paysage m’a paru lugubre, désolé, pauvre. Pas de villages, peu de maisons, quelques paillotes délabrées, peu d’être vivants. Puis tout à coup nous voici au sommet d’un piton de glaise, dans les nuages, c’est la cote 791, le BORDJ Capitaine PORTMANN. La moitié de la Compagnie vit ici dans la boue, sous la guitoune, mais des constructions sont en cours. On m’y dit que c’est un petit paradis comparé à BREIRA…..  Tous les gens que j’y ai vus m’ont semblé résignés, mais confiants . On m’avait dit quelque part que les excités des autres Compagnies étaient envoyés à la 6 pour se rééquilibrer. Je ne puis encore apprécier. Bref, après une interminable série de lacets dans ce site de plus en plus triste, on aperçoit les installations minières de BENI AKIL puis de BREIRA. Lorsque l’on m’a dit au bataillon : c’est très bien BREIRA…. vous verrez….. belle Compagnie…. Ce devait être de l’ironie !…..

En arrivant au P.C. je suis « kikéronné » par ANTINOW qui me fait faire un tour des installations de défense. Ma conclusion à l’issue se cette visite est que tout cela est vraiment mal installé dans ce fond de vallée, avec des tas de civils qui vont et viennent dans le camp, leur lampe de carbure à la main……  des « Diogène » en série. On m’explique que la mine était ici avant nous, et qu’il a fallu épouser ses formes……

On «m’entretien »  ainsi jusqu’à la nuit.

Enfin la chambre qui m’est réservée. Pas plus accueillante que le reste. Le moral de ceux que j’approche n’est pas brillant. Le Capitaine est en opération, et chacun à l’air ici d’en faire à sa guise.

Ah ! la popote ! Je m’en rappellerai ! Une soupente au-dessus d’un poste de police. Le mobilier, indescriptible. Les courants d’air, la saleté enlèvent tout appétit. Des Sous Officiers grossiers, des civils débraillés dont un Espagnol Mr GONZALES, de la reconstruction, qui n’a cessé de vomir sur l’Armée avec son camarade Mr LAUNOY. Où j’ai failli tout envoyer valser, c’est quand ALI, le KABYLE, a manqué me renverser ses pâtes visqueuses sur la tête en voulant garnir par force ma gamelle de rab….  La nourriture était vraiment infecte, mais je ne sais pas au fond si ma mère ferait mieux à PARIS avec 250 francs par jour…. Le « repas » à heureusement été interrompu par l’arrivée d’un message : le Capitaine accroché…. des blessés…. armes récupérées…. ventilateurs…. etc.  Alerte !  Moi on m’enferme dans ma « turne » avec une sentinelle devant la porte. Et ça pète pendant un moment. Puis ANTINOW vient me mettre une MAT entre les mains et m’emmène au « poste du bas ».

Vous avez deviné, la farce était terminée, et je venais d’entrer dans la vrai popote où le couvert était mis. Sacrebleu ! moi qui venais de faire honneur à la plus affreuse des pitances ! j’avais remarqué que les autres n’avaient que peu mangé et s’étaient enfuis sans rien emporter dès l’alerte. Le message aussi, du bluff….. tout du bluff…. cette fois ci. Et voilà les Sous Officiers grossiers qui arrivent, changés…. et polis cette fois ci. Tiens ! mon Capitaine…. pardon …. mes respects…… bien joué, etc….  parfait. Oui , il me reste encore un peu d’appétit. Ah ! par exemple ! c’était vous Mr GONZALES de la « réconstrouction » ? Je ne vous avais pas reconnu. Je préfère cette réalité. C’était une Bonne Blague de BREIRA

 

   Dès le lendemain tout changeait et depuis je ne cesse de m’enthousiasmer sur tout ce que je sens, que j’apprends et que je vois ; mais cela je ne suis pas encore en mesure de l’exprimer.

 

   Médecin Aspirant DURR ( promu Sous Lieutenant  récemment, mais n’a pas daigné nous en faire part d’une façon buvable).

 

   Tout ce qui précède vous l’avez constaté relève davantage du psychiatre que du critique littéraire. En tant que médecin j’avoue avoir été incapable jusqu’ici de guérir ces militaires de BREIRA des démangeaisons qui les « minent ».

Ils sont toujours par les routes , par les sentiers, de jour, de nuit, par tous les temps. Ils reviennent malades, blessés, ils ramènent des réfugiés, des suspects, en mauvaise santé bien sûr. Tout cela me fait beaucoup de travail en plus des consultants habituels. Alors que je pourrais faire mon temps si tranquille dans ce coin perdu fait pour le repos et la méditation, au grand air…..

Ma clientèle est très sympathique. La plupart des malades se sont déjà soignés avant de venir me voir. L’un a mis du marc de café sur une brûlure , l’autre un mortier de glaise et de paille sur une fracture ouverte, un troisième du miel ou du dentifrice sur un furoncle, pour changer le menu des mouches sans doute…..  et bien d’autres médications traditionnelles, indéracinables.

Mon aspirine et ma cuisine sont très prisées. Comme on habite loin on m’en demande pour la semaine. Ceux qui n’ont aucun bobo précis à exhiber, qui se sentent simplement « pas dans leur assiette », enfin qui ont mauvaise mine, découvrent généralement leur épaule gauche en faisant une grimace éloquente. Les femmes surtout. Vous ne voyez rien sur l’épaule. Vous auscultez, on gémit à chaque palpation et vous comprenez qu’on désire une piqûre : la panacée universelle, le prestige du toubib dans une ampoule.

J’en ai bien d’autres à raconter mais ANTINOW attend pour rentrer en scène……

 

   Sous Lieutenant ANTINOW ( promet de rempiler si on lui confie le commandement du futur centre de repos de BREIRA ).

 

« En vingt cinq mois de bons et loyaux services, j’en ai entendu et vécu des histoires à la 6….. Je ne dispose de place que pour vous citer quelques uns de nos phénomènes sympathiques dans leur rôle respectifs.

 

   HEBERT : Remplit fidèlement sa mission de faire cuire les langoustes en les regardant dans les yeux………  pour qu’elles rougissent !…….

 

   BEAUJEAN : Avant de tordre le cou  à une poule, vérifie (sic) si elle n’est pas sur le point de pondre………  pour éviter tout gaspillage…..  ( Saint Thomas )

 

   JABET :  Des coups de feu éclatent. Il est en sentinelle au poste N° 3. Le Capitaine MERCIER lui demande : « Que se passe t’il ? »  Deux coups de feu viennent de partir mon Capitaine !  Et toujours au garde à vous il raccroche le combiné.

 

   BUZON : Que faites vous sur le piton au lieu d’être à vos cuisines ?…..  Mon Capitaine, le veau à sauté le barbelé hier au soir et il n’est pas rentré. Je le cherche !……

 

   GRANDCHAMPS : Il fait nuit noire, on est en opération, il est chargeur au  Fusil Mitrailleur, qui est en train de tirailler……  Qu’est-ce que vous faites là ?  Où vous croyez vous ?  M ….Mon Capitaine je profite des balles traçantes pour écrire un mot à ma petite amie, vous avez dit de ne pas faire de lumière pour ne pas se faire repérer !….

 

MELLIONEC : Boucher-Cuistot. On n’en mange pas souvent des foies de vos veaux !….. Mon Capitaine, des foies de veaux, y en a pas.   Bon ! si des fois il y en a, mettez m’en un de côté .  ( C’est le morceau préféré et exclusif des cuisiniers )

 

   Il y a aussi la ménagerie :

 

   Le chien du Chef CAPPEAU qui barre l’entrée  de la salle de service. On ne peut jamais connaître la situation de prise d’Armes……..

   Les cochons de Mr LAUNOY qui se vautrent dans le gaz oil . Dernièrement Mr le Sous Préfet en visite officielle a failli en garder un sale souvenir sur son pantalon………

   La chatte du Capitaine qui s’oublie sur l’enveloppe de mon bidon ; Evidemment quand je vais pour boire !……

   Et voilà la 6, toujours dessus !  Tout n’est pas dit. Chaque jour il y a du nouveau. Il faut venir voir sur place. En attendant la mise en route du centre de repos de BREIRA, les visiteurs seront les bienvenus mais ils sont priés d’apporter leur couchage et leur campement. Les repas froids pourront être échangés contre des repas chauds.

 

 

                                                   Le Capitaine CATTANEO commandant

                                                   La 6ème Compagnie du 2/22ème R.I.

 

 

Le texte m’a été communiqué par Albert ROUSSEL.





 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:11

LA 10ème COMPAGNIE DU 3ème BATAILLON EN POSTE A BORDJ BAACH

Extrait du DAHRA journal de liaison du 22ème R.I.

 

 

  Est ce par simple hasard que la 10ème Compagnie du 3/22ème Régiment d’Infanterie se trouve maître d’un Bordj, alors qu’elle quittait celui de MARCEAU ?….   Personne ne pourrait le dire. Toujours est-il qu’en ce moment elle est fière d’occuper ces lieux et de les défendre.

  On dit que BORDJ BAACH est le point crucial de la division . Cela est peut être beaucoup dire, il est pourtant une chose certaine, c’est que nos chefs y attachent une très grande importance, tout est dû à son emplacement ; les pistes venant de CAVAIGNAC,  d’EL MARSA, de PAUL ROBERT, et de FROMENTIN, s’y croisent . Les vallées dominées par de puissantes chaines de montagne, offrent aux vues du Bordj tout ce qu’en général elles cachent par pudeur. Ces vues sont d’ailleurs très plongeantes en ce qui concerne la grande vallée qui se poursuit vers St LOUIS de TALASSA et CAVAIGNAC. Ce qu’on appelle les « zones interdites » sont à proximité et il suffit de faire de nombreuses sorties pour augmenter sérieusement les difficultés de déplacement des bandes rebelles.

  Pour lancer une opération, BORDJ BAACH convient parfaitement comme base de départ.

  Tout ceci pour dire que BORDJ BAACH a une importance primordiale de par sa position.

  Du point de vue « histoire du Bordj », on peut dire qu’il existe depuis la conquête de l’ALGERIE et qu’il était consacré à l’habitation du Caïd du Douar BAACH. Encore dernièrement, le fils de l’ancien Caïd, qui vient souvent parler avec les militaires du Bordj, pour entretenir l’amitié, nous disait qu’il était venu au monde dans la pièce qui sert actuellement de bureau de Compagnie. Naturellement, l’aspect général du Bordj à changé et les murettes de pierres avec créneaux de tir, doublées par de larges rangées de barbelés ne lui donnent certainement pas un aspect pacifique, et nombreux sont les ARABES qui craignent ce démon puissant qui ne cesse de les observer.

  Et pourtant, petit à petit les habitants osent franchir les enceintes, soit pour voir l’infirmier qui est sans nul doute le bienvenu dans le douar, soit pour discuter avec l’officier de renseignements de la Compagnie, qui, ayant le privilège de parler leur langue, est leur plus grand ami, et peut, armé d’une subtilité peu commune, découvrir le renseignement utile. D’ailleurs, personne n’ignore le nombre de suspects arrêtés dans le douar BAACH et expédiés à FROMENTIN. Ainsi très rapidement, les habitants du douar se sont rendus compte que les soldats Français ne leur voulaient que du bien et cherchaient uniquement à châtier les mauvais. D’ores et déjà, on peut dire que dans un rayon de 4 à 5 kilomètres les habitants se sentent en sécurité, par le fait qu’ils voient très souvent les militaires, et que les différents chefs de section les appellent par leur nom. Il est rare qu’au cours d’une opération, le café ne soit offert et qu’un brin de causette ne soit fait. Tout le monde reprend confiance et qui sait si un jour ou l’autre les rebelles ne vont pas trouver les portes des « mechtas » closes et les habitants hostiles à leurs actions !…

  A toute cette œuvre de pacification, le militaire participe avec bon cœur car il sent que c’est une bonne chose ; pourtant il n’est pas toujours très heureux et bien souvent il souhaiterait voir autre chose que ces montagnes arides, ces barbelés rébarbatifs, ces tentes offertes aux prises du vent. D’où inévitablement, il sombre dans un sentiment d’isolement, que les autorités essaient de faire disparaître par la mise en route d’un foyer que les anciens adeptes de la coloniale ne manquent pas de faire fonctionner, par l’installation de douches chaudes, et par certains jeux comme celui des boules, qui fait rage en ce moment. Naturellement rien ne vaut le travail pour faire passer le temps et oublier ses peines, c’est pourquoi tous les jours, les sections qui ne sortent pas fournissent des hommes pour les travaux de construction que nos amis du 586 B.T. avaient déjà sérieusement commencées . Inutile d’ajouter que le courrier qui monte à chaque convoi de ravitaillement requinque le moral de chacun.

  Enfin, pour ceux qui auraient envie de venir à BORDJ BAACH, je leur conseille de venir en hélicoptère, ils ne seront pas en peine pour se poser, car, il ya à proximité une D.Z. bien visible et il ne risqueront pas de se tromper, car pareillement à une gare ferroviaire, on peut lire le nom en grandes lettres sur le toit d’un des bâtiments.

  Militaires et habitants du BORDJ BAACH souhaitent ardemment que le Bordj redevienne une habitation paisible et un centre de vie.

 

 

   Le Capitaine.

Le texte m'a été remis par A. ROUSSEL

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 17:43

UNE ETUDIANTE STAGIAIRE A BORDJ BAACH.

Extrait du DAHRA journal de liaison du 22ème R.I.

 

 

     Avez vous déjà entendu parler de B…..  B…..   ? Non pas B…..  B……  qui fait du cinéma, un autre B…..  B….. , autrement plus sympathique. La B….  B…..  dont je vous parle c’est tout simplement….. ?  Mais si je vous parlais de moi, vous comprendriez mieux et de toute façon il est préférable de garder le meilleur pour la fin.

     Je suis donc une simple lycéenne comme il y en a des milliers de par le monde. Je me suis portée volontaire (remarquez les termes) pour partir en ALGERIE avec un stage de 200 autres étudiants, garçons et filles, qui avaient le même goût de vérité et d’aventure. On nous reçut en beaucoup d’endroits et j’ai serré les mains de beaucoup de personnalités, que l’on disait très importantes et que j’ai trouvé être des hommes au même idéal, au même enthousiasme que moi.

     Et après avoir passé par ALGER, ORLEANSVILLE, TENES, j’ai découvert BORDJ BAACH  (B….  B…. pour les intimes). Imaginez vous une route, une piste plutôt, qui serpente sur les flancs d’une chaîne de montagnes. D’un côté une pente rapide, parfois un précipice, de l’autre une paroi presque verticale, par endroits de terre rouge parsemée de broussailles vert sombre qui n’ont pas encore eu le temps d’être desséchées. Un aspect étrange, sinistre et pourtant aimable, le rouge et le vert, symboles du sang et de l’espoir, du sang versé pour la Paix et l’espoir de la conquérir dans un avenir proche. A un tournant de cette piste , un de ces détours qui en montagne cachent toujours un paysage merveilleux, un drapeau semble jaillir du sol, vers un ciel de vacances. En dessous de ce drapeau des toits de tuiles rouges, des murs faits de blocs de pierre, des sentinelles armées, des haies de fils de fer barbelés. Au pied de cette forteresse, sur les pentes qui descendent jusqu’au fond de la vallée, s’étagent des gourbis dans lesquels s’affairent des femmes. Tout autour des enfants ouvrent tout grand leurs yeux noirs, étonnés et un peu craintifs. D’autres gourbis se montent rapidement. Un village comme il y en a d’autres, plus pauvre peut être. Et qui croirait qu’à cet emplacement, il y a un mois, n’existaient que des broussailles et chardons. Alors me direz-vous ?…  Et bien un jour, un jour qui devait ressembler à tous les autres pour les soldats du Bordj, quelques familles virent s’installer là et depuis, chaque jour, de nouvelles familles s’ajoutent à celles de la veille. Des soucis de plus pour le Maître du BORDJ qui doit désormais assurer la défense non seulement de son fort, mais aussi de ce village. Déjà des bulldozers ont tracé quelques « rues » et les G.M.C. se sont transformés en camion de déménagement. Mais ce n’est pas tout. Imaginez-vous un Capitaine entrant chez un pharmacien d’ORLEANSVILLE et demandant 200 biberons, et ce même Capitaine a déjà commandé les tableaux verts et les tables pour meubler l’école, où résonneront peut être des rires d’enfants au 1er Octobre.

     Une assistante sociale de l’Armée, aidée par une jeune interprète, toutes deux aussi dévouées et souriantes passent leur journée dans le village où elles distribuent du lait, des vêtements, du savon et surtout elles inspirent confiance à ces familles apeurées. Une autre interprète , aide le docteur qui a toujours le mot pour rire dans son infirmerie de bois.

     Un autre fait m’a frappé lorsque je suis arrivé à B….  B….  je m’attendais à trouver des soldats à la mine renfrognée, ayant souvent le cafard. Et bien pas du tout. Toute la journée on entend rire et chanter. Je me souviendrai toujours de la farce que l’on m’a faite, au premier repas que j’ai pris ici. Pendant tout le repas on me parla d’un certain SI EL HADJ. C’était un grand chef du village, ancien militaire médaillé, un peu fou, mais qu’il fallait ménager. Il avait quatre femmes, des yeux de tueur. Enfin on l’avait invité à prendre le café en mon honneur. Je vis entrer un bel Arabe, grand, de forte carrure, habillé richement, portant ses médailles et des lunettes noires. Il s’assit et commença à parler, puis il se disputa je ne sais plus à quel sujet, avec un Officier, il jeta son assiette à travers la pièce et finalement il fallu le faire sortir. Le calme se rétablissait dans le mess, lorsqu’on entendit un coup de feu et un soldat arriva en courant annoncer que SI EL HADJ se battait à la porte de la cour avec un militaire. Il n’avait pas fini de parler que le fameux Arabe entrait dans la pièce, criant qu’il allait nous tuer. Aussitôt ce fut une mêlée générale. Tous les officiers se jetèrent sur lui pour lui enlever son pistolet. Vous avez tout de suite deviné que j’étais moins que rassurée. Lorsque SI EL HADJ fut maitrisé et renvoyé chez lui, tout le monde éclate de rire et m’avoua la supercherie, le chef si coléreux était tout simplement un Lieutenant déguisé. Il ne me restait plus qu’à rire de ma peur. Je crois bien que c’est une plaisanterie qui restera dans les annales de la Compagnie.

     Voilà je vous ai raconté BORDJ BAACH tel que je l’ai découvert, tel que je l’aime. Je n’ai pas insisté sur les inconvénients de ce bled, parce qu’on les oublie plus vite que les bons souvenirs, et de plus vous les avez tous plus ou moins appréciés. Vous ne trouvez pas, que malgré tout  votre vie est belle ?…   Elle est même merveilleuse parce qu’elle est utile. C’est quand même une belle consolation de se dire : je suis indispensable et c’est vrai. Vous êtes irremplaçable chacun dans votre service ; pensez-y quelquefois lorsque vous aurez envie de tout envoyer promener.

 

 

     Une stagiaire à la 10ème Compagnie à BORDJ BAACH.

 

 

  Le texte m'a été remis par A. ROUSSEL.

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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 09:19

L’ACCROCHAGE DANS LE DJEBEL

EXTRAIT DU DAHRA JOURNAL DE LIAISON DU 22ème R.I.

 

 

   « Les Fellaghas, y en a pas dans le coin » avait déclaré le matin le Sergent Chef CARLE écoeuré.

   Affirmation bien gratuite, mais expliquée par les longues journées de marche déjà faites sans résultat, tout un printemps et un été, passés sans avoir trouvé le contact. Deux fois pourtant, ils étaient venus tâter le bivouac, la riposte avait été sévère et l’on ne  connaissait plus du rebelle, que ces trous stupides et inutiles creusés sans astuce sur les pistes du voisinage. Ce jour là, il faisait beau. La Compagnie partit, dans la fraicheur relative du matin, reconnaître un Marabout suspect et chercher à en récupérer quelques habitants, habitués systématiques de la fuite devant nous.

   Arrivé à proximité du Marabout après une heure de fouille, les sections se regroupent pour la dernière partie de la progression. La 1ère suivant le pas allègre et sautillant de CARLE, va reconnaître un éperon rocheux couvert de broussailles qui se termine en falaise sur un oued encaissé et peu accueillant. Les gars dispersés avancent lentement. Les Fusils Mitrailleurs  s’installent sur la crête et PIVETEAU, le tireur à l’œil sûr et au bidon légendaire ( n’a t’il pas fait la guerre de 14 ) s’absorbe dans la dégustation d’un pastèque tout en surveillant la marche des voltigeurs, le Sergent FAULE descend à gauche avec une équipe : le Caporal Chef MOREAU à droite  avec une autre ; le Chef en tête oriente et règle la marche. Tout est calme et ce crapahut bien banal, quand soudain c’est l’accrochage.

   Les rebelles tapis dans les rochers en contre pente viennent d’ouvrir le feu et veulent tout de suite profiter de la surprise. Appuyés par un Fusil Mitrailleur, ils s’élancent en criant sur nos gars qui s’avancent à quelques mètres seulement de leur position. Mais ils ont compté sans le sang froid de la « première » et son réflexe. Seul résultat  pour eux, le Chef CARLE est tout de suite atteint à la cuisse, cette blessure, ils la paieront cher. Sur le flan gauche ils ont failli réussir, l’équipe MOREAU doit d’abord abandonner du terrain, tout en tenant l’assaillant en respect, les balles sifflent, et plus d’un bat son record d’acrobatie et de plongeon, mais l’équipe se regroupe et installée face à l’ennemi l’attend de pied ferme. Pendant ce temps de l’autre côté de la ligne de crête, l’assaut rebelle se transforme en déroute. PIVETEAU a lâché sa pastèque, jeté au loin son bidon et pris en main la protection de l’équipe. Il tire avec précision et les rebelles s’enfuient laissant de longues trainées sanglantes, et poursuivis par les grenades à fusil que leur distribue généreusement le Caporal LAURAIN. Et que dire du sang froid d’un GROUARD qui prend soin de refermer le container de sa grenade à fusil et de le replacer dans sa musette avant  d’envoyer la « purée » comme dirait son chef de groupe.

   Bref et brutal, le contact est fini ; le rebelle a profité des rochers ( parfois bien mal d’ailleurs, tel celui qui après un duel au garant avec CHAPELET, fit une culbute derrière son caillou). Ils s’enfuient vers l’oued emportant morts et blessés.

   La 3ème Section d’ailleurs vient d’arriver sur les lieux en courant, bien que gênée, ainsi que la 4ème qui a pris position pendant ce temps au Marabout, pris à partie par des tireurs isolés.

   La 1ère , tente la poursuite mais ne peut aller bien loin : il y a le chef qui est étendu la cuisse cassée et qu’il faut évacuer.

   Le Fusil Mitrailleur de HAREL fera encore du mal aux fuyards qui se bousculent au fond de l’oued et le fusil à lunette de BOUILLE se charge de stopper la fuite de l’un d’eux.

   Sur le terrain, un mort rebelle, que l’on saura plus tard avoir été le Chef de la section. Les renseignements apprendront plus tard qu’il y a eu cinq autres tués dans la bande et autant de blessés.

   « Si Chef CARLE, il y avait des fellaghas, mais s’il vous ont envoyé à l’hôpital, vos gars ont su, instruits et menés par vous, leur apprendre qu’il y avait la «PREMIERE » 



                       
                Le Lieutenant DOMANGE

                                 Commandant la 9ème Cie du 2/22ème R.I.

 

 

Le texte m’a été communiqué par Albert ROUSSEL.

Les photographies proviennent du livre "la guerre d'Algérie" Témoignages d'appelés de la collection du Patrimoine

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 21:12

DE L’ESPRIT D’INITIATIVE…. ET DU CRAN…. !

EXTRAIT DU DAHRA JOURNAL DE LIAISON DU 22ème R.I.

 

 

     Nous sommes le samedi 26 octobre  à 17 heures à MONTENOTTE. Le convoi de la 7ème Compagnie est presque prêt à partir. Je dis presque, parce qu’au dernier moment la course à travers les bureaux s’accélère. Il ya le plein des véhicules, la visite aux « Trans », pour essayer « d’arracher un poste ou une antenne courte », une dernière visite au Major. Finalement le convoi se met en mouvement alors que la lumière possède déjà cette couleur caractéristique des couchers de soleil. A peine démarré le convoi s’arrête pour permettre au major, Chef de convoi de satisfaire un petit besoin. Détail superflu dira t’on, non car ces deux minutes auront comme on le verra, une certaine importance. Le personnel du convoi si on sort l’élément d’escorte ( un groupe mixte de la première section, Sergent CORNUAU) est assez hétéroclite. Nous trouvons là sans vouloir les vexer tous les « Chevaliers  du porte plume, de la louche et du matériel ». Le sergent SANTOS est un ancien aussi, qui noyé dans les pantalons des treillis et autres accessoires n’en oublie pas pour autant qu’il est combattant.  Il y a le gérant du foyer de la popote, il y a surtout des jeunes appelés qui se laissent aller au doux rythme du G.M.C. « bercé » par les cahots de la route nationale 19.

     MONTENOTTE s’estompe et le convoi attaque la rampe et les premiers lacets. Soudain au détour d’un virage le 4 x 4 stoppe et tout de suite les 2 Fusils Mitrailleurs crachent : le car des messageries MORY est là, en flamme, les passagers sont alignés sur la route : tout autour, l’arme au poing, une quinzaine de Hors La Loi en uniforme, fouille, dévalise, pille, s’apprête à tuer. Dés les premières rafales, sans chercher à mesurer leur adversaire, ils fuient désespérément , abandonnant tout : colis, sacoche, etc…..  Le Major PERILLAT distribue les missions ; SANTOS aux véhicules, SABARTHES au P.C. Bataillon. ( Il emprunte d’ailleurs pour remplir cette mission le camion des gendarmes d’HANOTEAU ). L’escorte déjà à terre , bien emmenée par les sergents CORNUAU et ROUSSEAU, commence à entamer avec les H.L.L. une longue course qui se poursuivra sur près de 2 kilomètres, les « arrosant » pour les ralentir. Ceux-ci emploient toutes les ruses pour essayer de se désengager. Ils empruntent les thalwegs, mettent des cachabias, tirent, font semblant de se cacher. Rien n’arrête l’élément de poursuite, ni la riposte, ni la fatigue ( ils sont à bout de souffle ), ni le manque de munitions qui commence à se faire sentir. Et la récompense arrive : 2 Hors La Loi, épuisés, blessés, sont atteints mortellement. Ils laissent entre nos mains : 1 Pistolet Automatique, et une STEN, sans compter les documents, chargeurs, brelage, à croire que nos gars ont choisi leur cible. Il s’agit d’un chef de section et de son garde du corps, et de plus il y eut 4 blessés chez les rebelles.

     Entre temps la nuit est tombée à la faveur de laquelle les Hors La Loi vont pouvoir s’échapper, transportant leurs blessés malgré l’intervention rapide des renforts. Mais une minute de plus Major, et les Hors La Loi réussissaient leur coup…….

     Nos gars reviennent et apercevant la route qu’éclaire le car en flammes, ils poussent un triple Hurrah ! en brandissant leurs trophées. La preuve est faite s’il en était encore besoin que nos jeunes appelés du 22ème R.I. quand ils ont la chance d’accrocher y vont de tout leur cœur. Cette chance encore faut-il savoir la saisir et cela les gars de la 7ème Compagnie l’ont fait à pleines mains.

 

                                 Le Sous Lieutenant  PENE, Commandant

                                           La 7ème Compagnie

 

N.D.R.L.-  Et nous ajouterons pour compléter cet article que le lendemain matin dés l’exploitation des documents récupérés, un avion était envoyé à 20 kilomètres à l’Est dans le BISSA pour découvrir des convois de blessés. Et en fin de matinée, victoire !  l’avion donne ce renseignement, ce qui est l’occasion pour le commando de la C.C.A.S./2 de se distinguer en mettant hors de combat la moitié de cette même section rebelle qui avait attaqué le car la veille. En voilà qui ne recommenceront pas de sitôt !…...

 

Le texte m’a été communiqué par Albert ROUSSEL.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 13:15

EN PASSANT PAR DUPLEIX

Extrait du DAHRA   Journal de liaison du 22ème R.I.

 

   Connaissez-vous DUPLEIX ?  Non,  pas la caserne parisienne !……  DUPLEIX sur la côte Algérienne entre CHERCHELL et TENES.  Ah !……  ce nom vous rappelle un triste événement :  « L’embuscade »……….  C’est bien cela.  Vous voulez y venir avec moi ?… Rendons visite aux gars de la 3ème Compagnie du 1/22ème R.I. : mieux encore, comme c’est aujourd’hui Samedi, profitons-en pour faire un tour au marché.

   Remarquez comme la vie a repris, croyez vous vraiment que tout ce monde insouciant, enjoué, heureux de vivre, a traversé des heures de crainte et d’angoisse……  Une telle transformation n’est pas un miracle, c’est le résultat du travail accompli par la 3ème compagnie sous les ordres de son dynamique Capitaine. Regardez, le voici souriant, rasé de près, sans la moindre trace de fatigue malgré les 4 jours de crapahut qu’il vient de passer en montagne avec ses hommes. Il a tenu à être présent au marché parce qu’il représente la France aux yeux du fellah. Déjà, un attroupement se forme, tous les Arabes connaissent le « Mon Captan » et sont fiers de lui serrer la main. Lui aussi les connaît bien, il s’intéresse à chacun, s’informe des nouvelles de la famille de Djelloul ou d’Ahmed , caresse un enfant dans les bras de sa mère, donne une bourrade amicale à un ancien combattant ; c’est pourquoi il est aimé de tous. La population lui demande toujours conseil et se permet très souvent de frapper à la porte de son bureau. Pénétrant à notre tour nous y voyons une véritable ruche humaine, puisque c’est le point de départ de l’œuvre de pacification. Toutes les suggestions y sont reçues et mises en application si elles le méritent.

   Pendant que les trois sections sont à la montagne, se mêlent à la vie des douars, assainissent la région, recensent la population, protègent et rassurent, ici les secrétaires se chargent d’un travail d’identification sous forme de fiches ; un service photographique a été créé pour faciliter les choses aux Algériens. Un sergent se rend en jeep dans les douars et photographie à domicile, hommes et femmes. Ces déplacements en véhicule se font de plus en plus nombreux  en raison du bon état des pistes nouvellement réparées et constamment entretenues aussi bien par les soldats que par des civils bénévoles. Ce souci de faciliter et d’améliorer la vie des gens de la montagne est constant. La population autrefois méfiante et quelque peu hostile à l’armée, a maintenant entière confiance et accueille à bras ouverts les troupes qui se déplacent dans le secteur. Fellah et soldats fraternisent, dorment dans les mêmes mechtas, partagent la même nourriture, plats de couscous, œufs, poulets et souvent les maigres boites de ration dont les friandises font la joie des enfants.

   Comme le photographe, le médecin se rend à domicile dans les coins les plus reculés, au service des malades, il donne entièrement et n’économise ni son temps ni ses médicaments . Il assure et contribue à l’évolution des populations en leur enseignant les premiers principes d’hygiène jusqu’alors malheureusement ignorés. Secondé par l’Assistante Sociale il apporte des secours en espèces ou en marchandises (lait, farine, etc……) aux familles indigentes.

   Pour passer du domaine général au particulier, et pour vous prouver notre action, montons à BENI-HATTETA et admirons ce qui a été réalisé.

   De loin, nous apercevons la croix rouge de l’infirmerie et à côté l’école, construite en un temps record et avec beaucoup de goût d’ailleurs par les maçons de la compagnie et l’aide de la population. Les habitants sont maintenant fiers de leur école et de leur nouvelle place avec son café Maure. Les gens de passage font une halte au café Maure dernièrement ouvert et confié à un ancien combattant : pour cinq francs ils boivent un verre de thé à la menthe et jouissent d’un magnifique panorama sur la baie.

   Quittons le café Maure et entrons dans la classe. Aussitôt les 40 enfants se lèvent ; nous sommes agréablement surpris par leur propreté et leur tenue. Nous oublions même que nous sommes en ALGERIE, dans la montagne ; les élèves comprennent, parlent, écrivent et lisent le Français. Ils s’intéressent à leur métier d’écolier et veulent s’instruire comme le souhaitent ardemment leurs parents qui ont compris l’importance et les bienfaits de la civilisation française. A midi, nous retrouvons l’instituteur qui nous parle avec amour de ses enfants tout en veillant à l’ordre et à la bonne répartition des repas de la cantine.

   Nous traversons le village et nous sommes accueillis par les femmes sur le seuil de leur porte qui nous invitent à entrer  et nous offrent le traditionnel café servi dans des belles tasses en porcelaine.

   N’imaginez pas, après ce que je viens de vous raconter que nous donnons tout et que nous amenons les gens à vivre en parasites ; bien au contraire nous avons construit des bases solides qui leur servent de tremplin pour un bon départ vers la civilisation. Petit à petit nous nous retirons. La protection elle même est assurée par les hommes valides du village qui forment une « harka » de 30 hommes commandés par un sergent Français-Musulman. Nous avons permis à chacun de trouver un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille ; l’un est cafetier, l’autre épicier, celui-ci charbonnier, celui-là Harki ou petit fellah. BENI-HATTETA a été une expérience. Nous en sommes satisfait. Aussi, de nombreux autres villages semblables sont en voie de réalisation dans notre secteur de DAMOUS à ZATIMA.

   Au cours de notre randonnée, nous avons abandonné notre cantonnement. Serions nous devenus ingrats, nous qui sommes toujours heureux de le retrouver après quelques jours passés dans le djebel ?……..

   Un foyer bien achalandé et sa terrasse avec vue sur la mer a été aménagé par des décorateurs de talent ; des peintures encore fraîches flattent l’œil. Si les rafraichissements  sont insuffisants, les soldats ont la possibilité de prendre une douche ou même d’aller se baigner dans l’emplacement aménagé en piscine. Quant à celui qui veut manifester un sursaut d’énergie, le sport lui est offert avec ses nombreux jeux de ballons, boules, flèchettes ; pendant que ses camarades se détendront au son de la musique du poste nouvellement affecté au Foyer.

   La 3ème Compagnie a su prouver que le soldat avec une arme ou une pioche, avec ses bras comme avec son cœur, reste toujours et malgré tout un homme de bonne volonté, à l’âme optimiste et constructive.

 

 

1957       L’équipe de presse de la 3ème Compagnie.

 

Le texte m’a été remis par Albert ROUSSEL.

 

  Les photographies proviennent d'un ouvrage intitulé " La France contemporaine - la Guerre d'Algérie"

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 22:25

L’IMPLANTATION DE LA 1ère Cie du 1/22 R.I. à BOU-ZEROU

Extrait du DAHRA Journal de liaison du 22ème RI
Ce texte m'a été communiqué par Albert ROUSSEL ancien de Bou-Zerou. 

   Le 8 septembre 1957 la 1ère Compagnie jusque là implantée à LOUDA LOUZE reçoit l’ordre de s’installer au lieu dit « BOU-ZEROU ».

   BOU-ZEROU se trouvant à 900 mètres d’altitude, sur la piste de montagne de TASSEROUT à TIGHRET, est alors un piton broussailleux. En un mois la colline est déboisée et déjà les bulldozers tracent des pistes et nivellent des plates formes.

   Entre deux opérations, les fantassins, transformés en maçons, érigent deux tours de guet sur les points culminants, construisent des baraques en agglomérés, montent une baraque préfabriquée pendant que tout autour du chantier les harkis tissent un réseau de barbelés.

   En ce camp de BOU-ZEROU où les fantassins du 22ème après avoir crapahuté se sont transformés en bâtisseurs et en pacificateurs, car on y mène une bonne ambiance. En effet malgré le vent, la pluie, le froid qui règnent à cette altitude, les hommes gardent, malgré tout, leur bonne humeur et leur courage, entrainés avec ardeur par notre chef « le capitaine LUCAS » qui commande la 1ère Compagnie.

   Notre Capitaine qui est un ancien légionnaire a derrière lui le souvenir de la « légion » et s’il est sans relâche derrière ses hommes qui sont au travail c’est qu’il recherche avant tout le bien être pour ses hommes. Il pense à eux avant de penser à lui.

   Ainsi il a été construit en un mois et demi : une baraque préfabriquée, une cuisine provisoire une écurie à brêles, une tour de guet, (la seconde qui sera haute de huit mètres est presque terminée), et une douzaine de baraques en parpaings agglomérés. Seul le manque de parpaings qui nous sont fournis par le Secteur empêche la finition. Tout de même deux de ces baraques en sont à la couverture, et maintenant nous fabriquons nos parpaings nous même. C’est plus sûr……

   Pendant ce temps ceux qui ne sont pas des maçons, tendent le réseau de barbelés autour du camp. Les Harkis après la construction de l’écurie à brêles, transportent avec notre GMC du schiste et des cailloux pour les baraques, d’autres construisent une charbonnière   pour le chauffage des guitounes le soir. En sus le déboisement se poursuit afin d’approvisionner notre réserve de bois de chauffage pour la boulangerie (construite elle aussi par nos maçons) qui fait notre pain et aussi celui de la population des douars environnants.

   BOU-ZEROU vit aussi en collaboration étroite avec la population, ainsi nous fabriquons, mettons en sac et transportons le charbon de bois provenant du camp pour le remettre à la population qui nous environne. Ainsi une fois de plus l’Armée est en étroite collaboration avec la S.A.S.

   Il y a aussi un gros besoin pour la Compagnie et la bonne vie du camp : « c’est l’eau ». Indispensable pour la construction, la nourriture et les besoins corporels des hommes. Aussi avec deux tonnes de 1000 litres, faisons nous plusieurs rotations chaque jour jusqu’à la source captée et aménagée par le S.A.S. qui se trouve à 1200 mètres du camp. Chacun accomplit cette corvée avec le sourire.

   Enfin une anecdote de la vie de notre camp.

   Un soir de la semaine passée soufflait sur BOU-ZEROU un terrible ouragan. Vent et pluie tombait sur le camp si fort qu’un pignon de baraque non couverte est tombé, détruisant ainsi quelques heures d’ouvrier, alors que nous avions dû cesser tout travail. La bourrasque était si forte que toutes les guitounes sauf une furent fauchées, déchirées, il était alors 20 heures trente. Les hommes d’une section, les prisonniers, la popote des sous officiers et la guitoune du matériel, en un mot tout le camp dût coucher à la belle étoile sous une pluie battante, et le vent sans répit toute la nuit, jusqu’au lendemain après midi où nous avons pu toucher deux guitounes au matériel du Bataillon, et une autre aimablement prêtée par la S.A.S. qui ont toutes été remontées sous la pluie avec toutefois un vent affaibli.

   Mais à aucun moment les hommes n’ont « bronchés » tous avec ardeur une fois les guitounes remontées, se sont chargés et remis au travail, car ici à BOU-ZEROU , il n’y a pas de Dimanches ou de jours de fête tant que les hommes ne seront pas logés dans le « dur » . Telle est la devise de notre chef, que nous avons tous adoptée.

   Voilà , je vous ai raconté BOU-ZEROU et la vie qu’on y mène, ce ne sont que quelques détails. Il ne faudrait pas oublier pourtant la construction de l’insigne du Régiment, de six mètres sur quatre mètres, avec son lion en relief, symbole de la force et de la fierté de la Compagnie, car cet insigne est vu dans un rayon de dix kilomètres à la ronde. Les fellaghas ne pourront pas oublier la présence du 22ème R.I. Ainsi, si nous devons déménager comme tel le devoir l’exige, notre passage y restera marqué et nous pourrons être fiers de notre travail accompli avec notre sueur, notre peine et toute notre volonté de pacification pour que vive l’ ALGERIE FRANCAISE.

 

   Décembre 1957.

 

 

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 08:56

INSTITUTEUR AUX BENI-HATTETA DANS LE SECTEUR DE TENES

 

   Les enfants Algériens à qui j’ai fait la classe pendant un an étaient des êtres merveilleux, remplis de gentillesse. Avec une formation pédagogique de l’enseignement très réduite je me suis pourtant évertué à leur inculquer du mieux que j’ai pu une éducation rudimentaire. Seuls ceux-ci pourraient dire si j’ai ou non réussi. Mais, de toutes façons, cela a été pour moi une expérience qui m’a beaucoup enrichi…….

   Lorsque le lieutenant qui commande la section du 22ème R.I. basée à VILLEBOURG dans l’Algérois, entre DUPLEIX et CHERCHELL, le fait appeler un beau jour, Christian GATT ne se doute absolument pas de ce qu’il lui veut. Il ne tarde pas à le savoir……

   Il m’a tout simplement demandé si je voulais accepter d’être instituteur aux BENI-HATTETA un petit village situé à quatre kilomètres environ de notre cantonnement, explique Christian. Inutile de vous dire que j’étais fort surpris de sa proposition. En effet mon instruction était limitée au certificat d’études primaires et à un C.A.P. obtenu dans les ARDENNES ma région d’origine. Après une courte hésitation je lui ai répondu oui. De toutes façons je n’avais rien à perdre. Et puis en moi même, j’avais pensé que cela allait me changer du crapahut……

   Mobilisé en juillet 1956 au camp de Frileuse, près de PARIS, Christian y avait effectué trois mois de classes avant de partir en ALGERIE début octobre . Pendant plus d’un an il a mené la vie des autres appelés au sein d’une unité opérationnelle, patrouilles, embuscades, opérations de plus ou moins grande envergure se sont succédées pratiquement sans discontinuer. Jusqu’au jour d’octobre 1957, et cette « fameuse » proposition de son chef de section…..

   Il ne le sait pas encore, mais sa vie va brusquement être changée du tout au tout. Lui le petit employé dans une usine de CHELLES fabriquant des ampoules hypodermiques va se muer comme par enchantement en « instit ». Quarante ans après il évoque cette période avec beaucoup d’émotion.

   L’ancienne école des BENI-HATTETA avait été détruite et brûlée par des résistants indépendantistes et ce sont les gars du 22ème R.I. qui en avaient reconstruit, juste à côté , une autre toute neuve. Pour la rejoindre, chaque matin j’avais presque quatre kilomètres à faire à pied et autant le soir pour rentrer au cantonnement . Et je devais effectuer seul cet aller et retour sur une piste réputée très dangereuse. A juste titre d’ailleurs car, un peu plus loin, au cours d’une embuscade meurtrière une trentaine de nos soldats y avaient laissé leur vie. Bien entendu, au début surtout, je n’en menais pas large. Après c’était presque devenu une habitude.

   Il est vrai que Christian GATT a tout de suite été adopté, non seulement par ses élèves, mais aussi par leurs parents qui, selon les saisons, lui apportent des fruits frais pour améliorer son ordinaire. Durant les premières semaines il craint de ne pas être à la hauteur, mais il s’adapte peu à peu à ses nouvelles fonctions.

   J’avais à m’occuper de trente cinq élèves environ, moitié garçons et moitié filles. Ceux qui étaient âgés de douze ou treize ans savaient à peu près lire et écrire, mais les plus jeunes en étaient au « b-a ba » . Ils étaient animés d’une telle soif d’apprendre que cela faisait plaisir à voir. Et ça m’incitait encore plus à donner le meilleur de moi-même pour ne pas les décevoir. Y suis je parvenu ?… J’ai la faiblesse de le penser car, d’une part leurs progrès étaient sensibles et d’autre part nos rapports sont demeurés excellents jusqu’au bout. Une fois j’ai eu la surprise de recevoir la visite du Préfet qui était venu tout exprès d’ALGER, sans doute pour constater de visu si une classe de jeunes ALGERIENS dirigée par un appelé du contingent pouvait bien fonctionner. Apparemment il a du être satisfait de sa visite car j’ai continué à enseigner jusqu’à ma libération à la fin du mois d’octobre 1958. Dire que je n’étais pas heureux de rentrer au pays ne serait pas exact même si j’ai eu un petit pincement au cœur avant de quitter définitivement mes élèves à l’issue du dernier cours. Il ya des jours où je me demande quelle tête ils peuvent bien avoir maintenant , quarante trois ou quarante quatre ans après mon départ ?….  Dire que les plus âgés doivent aujourd’hui approcher de la soixantaine.

   Comme souvenir tangible de cette belle aventure humaine «car cela en a été une à ses yeux » il n’a ramené que quelques photos petit format soigneusement conservées dans un album. On y voit notamment une partie de ses élèves à la porte de l’école lors de la venue du Préfet. Ce jour là seuls les garçons avaient bien voulu se laisser photographier avec moi précise t’il. En revanche les filles, elles, s’étaient montrées réticentes et n’avaient rien voulu savoir. Elles devaient surtout être impressionnées par ce haut personnage en uniforme. Mais je peux vous garantir que lorsque j’étais seul dans la classe avec mes élèves elles étaient en confiance, et leur avidité à apprendre à lire et à écrire n’était pas moins grande que celle manifestée par les garçons.

 

 

               1998.   Christian GATT.

 

 

   Ce document m’a été communiqué par Albert ROUSSEL.

 

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 14:52

Récit de l’embuscade du 28 février 1957 dans la région de DUPLEIX

 

Extrait du DAHRA , journal de liaison du 22ème RI.

 

Récit du chef du 1er Bataillon CAILHOL

 

Le 28 février 1957, un convoi de ravitaillement et de liaison est accroché par une importante bande de rebelles vers 13 heures 40 sur la piste conduisant du poste de BOU YAMENE, où est implantée la 2ème Compagnie du bataillon, au village de DUPLEIX.

Le convoi, après avoir rempli sa mission, avait quitté BOU YAMENE vers 13 heures et bénéficiait de l’appui observation d’un «  MORANE 500 ».

Le convoi est fort, en tout de quinze véhicules dont deux blindés et de cinquante huit combattants.

Le capitaine BOYER, commandant la CCAS du bataillon est le chef de convoi. Il a pris place dans une jeep en tête de convoi. Le sous lieutenant CHRISTINI Chef de la section d’appui, commande l’élément de queue ; les liaisons radio, à l’intérieur du convoi, fonctionnent normalement par SCR 536.

A mi-chemin environ, l’embuscade est préparée. Au signal du chef H.L.L un feu nourri se déclenche sur les véhicules de tête, puis sur l’ensemble du convoi. Presque immédiatement le capitaine BOYER est tué, et le « MORANE 500 » abattu.

Le sous lieutenant CHRISTINI regroupe alors les trois derniers véhicules autour du H.T. et ouvre un feu violent d’armes automatiques sur les H.L.L.

A deux reprises, les rebelles donnent l’assaut au petit groupe qui résiste ; mais ils sont brisés par le feu nourri des nôtres. Au troisième assaut les rebelles hurlant et jetant des grenades réussissent à submerger les véhicules précédant l’élément de queue, mais ils ne peuvent aller plus loin .

A ce moment, les rebelles maitres du Scout-car de tête ouvrent un tir de mitrailleuse sur le petit groupe d’hommes qui résistent désespérément. Le sous lieutenant CHRISTINI, admirable de courage et d’audace, servant lui même de la mitrailleuse 12.7 du half-track  réussit à disperser les H.L.L. qui pillent la partie visible du convoi.

Quinze à vingt minutes plus tard, la section du lieutenant CHRISMANN, le Capitaine MEDY Commandant la 3ème compagnie arrivent en renfort, et dégagent les survivants. Les H.L.L. se replient et se dispersent emportant leurs blessés et leurs morts.

Outre l’élément CHRISTINI, sept à huit occupants des véhicules du centre regroupés au dessous de la piste ont réussi à tenir et à abattre plusieurs H.L.L. récupérant une de leurs armes. Le bilan de l’engagement est sévère : Vingt sept soldats du 1/22 RI, dont le Capitaine BOYER, chef de convoi, et l’adjudant-chef GUEGUEN de la 2ème Compagnie, ainsi que quinze blessés sont relevés, dont deux devaient mourir à l’hôpital MAILLOT quelques jours plus tard. En tout 30 morts de notre côté, dont le pilote du MORANE 5OO.

Mais les pertes H.L.L. sont lourdes : au cours de l’engagement et des opérations déclenchées le jour suivant, plus de soixante rebelles réguliers auraient été abattus grâce au courage des nôtres, et parmi eux le chef rebelle lui même qui dirigea l’embuscade.

Les H.L.L. malgré les lourdes pertes infligées au convoi n’ont pu rester maitres du terrain et grâce à l’admirable courage des nôtres, ils ont vu leur victoire initiale transformée en échec.

 

 

 

Le Chef de Bataillon CAILHOL.

 

 

 

Le 22ème Régiment d’infanterie à payé un très lourd tribut lors de la guerre d’Algérie. Les rebelles de la willaya 4 avaient bénéficié de l’armement soustrait à l’armée par l’ aspirant MAILLOT lors de sa désertion. A la suite de l’embuscade des gorges de PALESTRO et de son exploitation par la presse, un black-out complet fut institué par les autorités militaires, et ces faits furent totalement occultés dans les journaux métropolitains. Seuls les Maires avaient la triste tâche d’informer les familles du décès de leur enfant. A cette époque la vie d’un jeune Français n’avait pas la même valeur qu’aujourd’hui.

 

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 15:59

 LE VENDREDI SAINT 1957                                                                                                                              Extrait du DAHRA N°4 d'octobre 1957

Journal de liaison du 22ème RI

 

 

 

  Il est midi, le soleil brille pour la première fois depuis dix jours que nous sommes installés au Bordj des TAOURIRA dans le camp transformé en une vaste blanchisserie en plein air, chacun s’efforce de nettoyer et de sécher des tas de boue qui s’appelaient des vêtements, quand nous sommes arrivés.

 

ASSELIN, le clairon, s’apprête à sonner la soupe et à résister aux quotidiennes plaisanteries fusant, dans le but jamais atteint, de le faire sourire  pendant la sonnerie.

 

Au même instant je reçois un « flash » du commandant :  « On vient d’enlever trois soldats au VIEUX TENES. Portez-vous sur TAZAMOUNT  et étalez-vous de façon à barrer la route à la bande ».

 

Plus question de soupe. Nouvelle sonnerie : «  Rassemblement ». Un bref laïus :   «  Trois camarades viennent d’être enlevés. On va les chercher. Départ dans cinq minutes ».

 

Je répartis les missions. Le sous lieutenant TAUSS sur SIDI DJILALI, l’Aspirant LEMOIGNE vers BENI-NIATE, un commando sur NADOR. J’irai sur TAZAMOUT.

 

A 12 heures 05, on démarre et, pour la première fois, on entend ni MALLET ni BAUDOIN et autres râleurs patentés. Pourtant personne n’a mangé ,on dévale vers l’oued à une allure folle et on commence à s’étaler comme convenu. A 15 heures 30, tout le monde est en place .J’amorce mon dernier bond qui me portera sur le Marabout qui plafonne 200 mètres plus haut. A 500 mètres deux hommes s’enfuient ; tir au FM sans résultat. J’alerte LEMOIGNE par SCR 300 les types allant dans sa direction. On repart, marchant à vue dans un terrain broussailleux au possible .Mon habituel « garde du corps » SELLIER me précède de cinq mètres environ. Tout à coup je l’entends me dire avec son inimitable accent Sarthois : « Mon Capitaine, un fellagha avec oune arrrrrme ». Et je le vois tenant son fusil sur le ventre du salopard qui, tremblant de peur, se tiens les bras levés, un pistolet dans la main droite. Je le lui prends, on l’amène à l’abri et on le fouille. Stupéfaction, dans un carnet, entre autres documents, trois noms français s’étalent sur une feuille. Je le presse de questions, il avoue avoir vu les « Kidnappés » et m’assure qu’ils sont vivants et en bonne santé. Tous les gars rayonnent, on est sur la bonne piste. L’avion passe au-dessus de nous ; je veux prendre contact, « patatras » le SCR 300 ne fonctionne plus. BEAL lui ouvre le ventre, (c’est défendu) bricole les lampes, rien à faire, il est bien mort. Et l’avion qui tourne et qui retourne. Et TAUSS certainement sur le nid où doit se terrer la bande. Que faire ? une seule solution, rejoindre le Bordj où se trouve un autre poste radio. C’est une course vertigineuse qui en une heure nous met à demeure. J’appelle LEMOIGNE, l’envoi vers TAUSS en lui donnant les derniers tuyaux. Le PC du Colonel contacté, confirme que les noms inscrits sur le carnet sont bien ceux des soldats.

 

Stupide panne qui nous a fait perdre tant de temps.

 

Soudain un appel radio ; ça y est, TAUSS a accroché ; des types partout tirant au hasard, puis devant le calme de nos gens qui les ajustent soigneusement, ils s’enfuient de tous côtés. Trois cependant, l’un habillé d’une djellaba  et pieds nus, les autres débraillés, ne bougent pas, n’esquissent aucun geste à l’approche de TAUSS qui les questionne. Ils ont l’air un peu hébété, on les regarde de plus près, pas de doute ce sont des européens. Et c’est l’incroyable, l’impossible qui prend corps ; ce sont bien les trois disparus, bien vivants quoiqu’ épuisés et ne réalisant pas encore que leur cauchemar est terminé.

 

On passe alors le plus beau message qu’il nous fût jamais donné d’envoyer :

« Opération terminée - STOP- Bilan : 3 soldats français libérés, sains et saufs - STOP –5 rebelles abattus, 8 prisonniers, un PM, un PA un révolver et 4 fusils de chasse et des documents récupérés – STOP et FIN »

 

 

 

 

Le Capitaine Commandant la Compagnie .



 Michel F. 

 

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