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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 10:48

LA VIE D'UNE HARKA EN ALGÉRIE FRANÇAISE

 

Vie d’une harka en Algérie française

Jean-Claude Picolet  2017

Editions Dualpha  255 pages  29 euros

 

Jean-Claude Picolet, nivernais de naissance, découvre l’Algérie comme des centaines de milliers de jeunes métropolitains appelés à y servir. Une préparation militaire supérieure lui permet d’intégrer l’Ecole des officiers de réserve de Cherchell avant d’être affecté   comme sous-lieutenant au quartier du 1/22ème RI dans le secteur de Gouraya, où de septembre 1960 à Août 1961, il exercera notamment le commandement d’une harka.

Jean-Claude Picolet n’est ni un fier-à-bras, ni un donneur de leçon. C’est en toute modestie qu’il nous livre son témoignage sur ce quotidien âpre qui n’a pas manqué de forger la personnalité du jeune homme sans grande expérience qu’il était encore en débarquant de l’El Djezaïr. La fréquentation quotidienne d’un djebel hostile, les contraintes  d’une guerre sournoise opposant souvent les membres d’un même village voire d’une même famille, ne peuvent laisser indifférent un néophyte de la chose militaire. Assez loin des théories enseignées, c’est en marchant à leurs côtés qu’il va apprendre à connaître et à comprendre ces montagnards quelque peu farouches, pour bien les commander dans des crapahuts où ils maîtrisent mieux que quiconque les traîtrises du terrain. C’est à leur contact qu’il va mesurer ce qu’est la confiance et la fidélité, ces qualités humaines incomparables quand il y va de la vie d’un groupe.

 Mais c’est aussi dans l’épreuve de la dissolution, de la séparation, de la dispersion, de l’abandon qu’il découvrira la lâcheté, l’imposture, la trahison, l’indifférence, des hommes politiques, lui qui n’avait jamais prétendu à autre chose que remplir sa mission le mieux possible dans la neutralité la plus totale, loin de toute approche politique partisane.

Un beau témoignage parce qu’empreint d’humanité et de sincérité.

Jean-Pierre Brun    

 Cercle algérianiste et Centre National de Documentation des Français d’Algérie de Perpignan.

 

Pour acheter :

Prix 29€ + frais de port 5€ ( 6€ pour 2 livres, 9€ pour 3) 255 pages poids 360 gr

S'adresser à Francephi Diffusion Boite 37 16 bis rue d'Odessa 75014 PARIS.

Tel: 09 52 95 13 34  fax 09 52 95 13 34

Mail : diffusion@francepi.com 

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 15:25

L'EMBUSCADE DU 28 FEVRIER 1957

PISTE DE BOUYAMENE A DUPLEIX 

Page de couverture livre Picolet

 

  table-des-matieres-1--livre-Picolet-rectif.jpgtable-des-matieres-2--livre-Picolet-rectif.jpg

 

 

 Page 4 de couverture livre Picolet

 

 

 

 

 

 

  Embuscade de Lalla Ouda

 

 

 

Le 28 février 1957, sur une piste, dans un coin perdu du djebel algérien, près du mausolée d’une sainte femme, Lalla Ouda, une embuscade fut tendue pour intercepter et détruire un convoi militaire du 1er Bataillon du 22e RI.

 

Un événement fréquent à l’époque en AFN, en somme un banal fait divers dont pratiquement  personne n’entendit jamais parler. A ceci près toutefois que ce drame, un des plus meurtriers de cette guerre, laissa sur le terrain 30 « Morts pour la France », 13 blessés et 17 rescapés marqués voire traumatisés à vie.

 

Plus d’un demi-siècle plus tard, un officier de réserve qui servit en 1960/61 dans cette unité en tant que chef d’une harka composée d’une soixantaine de supplétifs autochtones berbères, décida de tirer cette tragédie de l’oubli dans lequel elle avait été méticuleusement mais sournoisement plongée.

 

Une longue quête débuta et se déroula durant des mois. Mais elle permit avec beaucoup de travail et surtout énormément de chance de recueillir moult témoignages de nombreux intervenants y compris émanant de certains de leurs adversaires.

 

Il en résulte un travail de romain par la mise en forme de la masse des informations et documents recueillis. Et tout autant un travail de bénédictin pour la synthèse minutieuse et détaillée à laquelle il aboutit.

 

L’étude qui en découle s’attache aux faits, uniquement aux faits. Elle décortique l’embuscade, l’examine sous tous ses aspects, dans ses moindres détails, depuis sa conception jusqu’aux conséquences qui en découlèrent y compris pour les intervenants et se livre à son analyse critique. Le tout avec force photos, cartes, croquis et documents divers.

 

Un Devoir de Mémoire, certainement unique en son genre par son ampleur, qui révèle ce que de jeunes hommes, à l’époque encore mineurs ou tout juste majeurs, qui n’avaient aucun droit, que des devoirs, ont fait le leur. Il est donc important que les générations qui ont suivi sachent ce qu’ils ont subi, enduré et souffert. Et qu’ils ne méritent absolument pas les propos pour le moins méprisants dont ils ont fait trop souvent l’objet. Bien au contraire.

 

Que grâce leur soit enfin rendue !

 

 

 

 

Caractéristiques techniques du livre : format A4 (21 x 29,7), 120 pages, poids 370 g.

 

Prix : 19 € + 7 € de port au tarif postal en vigueur à compter du 1/01/2015 en recommandé sans AR en R1. Cette formule est vivement conseillée. Tout autre envoi se ferait aux risques et périls du destinataire, le vendeur ne pouvant être tenu pour responsable d’éventuels incidents postaux. A noter qu’un envoi groupé permet de réduire considérablement le coût du port.

 

Paiement : uniquement par chèque tiré sur une banque installée en France.

 

Vente : par correspondance. S'adresser à J-C PICOLET :

adresse mail : chronique.de.gouraya@gmail.com

ou courrier postal : 4 rue de la Gare 78510 TRIEL-SUR-SEINE

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:02
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 14:19

J'AI SERVI AU 2ème BATAILLON DU 22ème REGIMENT       D'INFANTERIE

 

Témoignage pour le 50ème Anniversaire du Cessez le Feu en ALGERIE

 

 

En Août 1955 j'ai fait mes classes au centre d'Instruction du Train de MONTLERY (91). Tous sursitaires dans ma section j'ai suivi les pelotons de Brigadier et de Maréchal des Logis. Puis j'ai réussi le concours des E.O.R. pour SAINT MAIXENT (79) où l'on préparait  à la "guérilla".

Reçu Aspirant en septembre 1956, j'ai choisi le 2ème Bataillon du 22ème R.I. basé dans la 9ème Division d'Infanterie. Sans trop savoir où il se trouvait. Au terme d'une année de formation, j'étais prêt à assumer la fonction de chef de section.

Le-Paquebot-Ferdinand-de-LESSEP.jpgAlors c'est l'embarquement à MARSEILLE sur le Ferdinand de LESSEP, vaisseau de la Marine Nationale pour transporter des centaines d'Officiers de réserve de toutes armes vers ALGER.

Après deux longues journées d'attente dans les hangars de la Gare Maritime, sans pouvoir sortir dans ALGER, je prends un train spécialement affecté aux militaires pour ORLEANSVILLE. Les officiers et les gradés sont dans le wagon de tête. A l'arrivé dans une gare la locomotive est mitraillée depuis les collines surplombant la voie. Je ne peux riposter puisque je n'ai pas d'arme. C'était un bon début et cela mettait dans l'ambiance de l'insécurité.

A ORLEANSVILLE, un véhicule amène les 4 "Aspirants" du 22ème R.I. au P.C. de la Insigne-du-22-RI9ème Division d'Infanterie, où le Général nous reçoit. Celui-ci nous informe que nous partons pour TENES, dès l'arrivé du convoi protégé; Il fait une chaleur écrasante dans la vallée du CHELIFF et nous espérons que le bord de mer à TENES sera plus tempéré.

Après une soirée mémorable au Mess, le Colonel du 22ème R.I. reçoit les 4 "Aspi" à son P.C. et nous répartit dans les 4 compagnies du II/22ème R.I.. Le Colonel lisant dans mon dossier que j'ai travaillé chez un géomètre me dit : vous avez l'habitude de marcher à travers champs, je vous affecte à la 8ème Compagnie à CAVAIGNAC car le Capitaine "Ancien d'Indochine", marche jour et nuit….. Cela promettait des journées harassantes loin du bord de mer.

Dans l'après midi après la traversée des impressionnantes Les-gorges-de-TENES-04-1957-Michel.FETIVEAU-copie-1.jpgGorges de TENES, j'arrive à MONTENOTTE où une jeep précédée d'un Half-track, me conduit à CAVAIGNAC où l'officier "de jour" confirme que la Compagnie est encore en opération. Je fais la connaissance du capitaine très tard. Le 22ème R.I. a été reconstitué pour le maintien de l'ordre en A.F.N., toutes les sections ont un effectif au complet. Le Capitaine me met en "doublon" du Lieutenant de réserve "rappelé" de la 4ème section, le temps de m'adapter aux missions.

Cela n'allait pas tarder : Le 1er dimanche d'octobre 1956, la Compagnie est prévenue par la gendarmerie, qu'un "Goumier" d'un régiment de tirailleurs Algériens, en permission dans son Douar, a été enlevé dans la nuit par les rebelles. Ma section embarque dans les GMC, prend la piste du Marché de TALASSA, ratisse le secteur jusqu'aux metchas d'où le "goumier" a été enlevé. Après plusieurs heures de recherche, la section, la section renonçait, lorsque les "you-you" des femmes nous apprennent que le "Goumier" a été retrouvé dans une ravine. Affreux spectacle que cet homme, mains liés dans le dos et égorgé. S'agissant d'un militaire, la section lui présente les armes avant que sa famille l'inhume selon le rite musulman. Triste 1er dimanche en Algérie……

Jusqu'à maintenant il n'y avait pas eu d'exaction dans le secteur de la 8ème Cie. Mais dans les semaines suivantes ce furent : des poteaux téléphoniques sciés, du bétail abattu, des coups de fusils de chasse contre des voitures, des menaces contre les fermes isolées. La semaine suivante c'est l'attaque du car régulier sur la route de TENES : le chauffeur Musulman fût tué d'un coup de fusil, le car basculé dans le fossé Bus-brule-pres-de-Montenotte-photo-C.BOURGOIN.jpgest incendié tandis que les voyageurs affolés se sont enfuis à travers le bled…..

Puis chaque jour a amené des attentats montrant la recrudescence de l'activité des rebelles, malgré les incessantes opérations du Bataillon, dans le bled et les djebels environnants.

C'est alors que deux sections de la 8ème Compagnie vont connaître au Nord de FROMENTIN, le secteur du Douar B….. où, des renseignements indiquent qu'une bande de rebelles s'y tiendrait. Au retour par une piste défoncée, j'aperçois de la cabine du GMC dont je suis Chef de bord: deux individus en treillis bleu foncé, qui sur la crête regardent passer notre convoi dans le vallon. Craignant l'embuscade j'essaye en vain d'alerter par radio le Capitaine. Au retour à CAVAIGNAC je l'informe ce qui décide le PC du Bataillon de déclencher une opération pour le 15 octobre 1956.

Partis dans la nuit, les soldats du Bataillon et des 7ème et 8ème Compagnies de combat, ont crapahuté toute la matinée. Ma section est placée en réserve à la Maison Forestière dont le garde a été évacué, à cause des menaces des rebelles. Ma section ouvrait à 14 heures les boites de ration, lorsque je vois le Chef du Bataillon, venir tout pâle : un rebelle dissimulé dans les broussailles, lui avait tiré dessus avec un fusil de chasse. Une chance : le coup n'avait touché que son étui de P.A.!!

Aussitôt après des coups de canon et le crépitement des mitrailleuses se font entendre : Une des Compagnies tirait sur des rebelles en treillis bleus et armés. Ils s'enfuyaient et disparaissaient vers la forêt et des metchas proches. La section d'appui du Bataillon tirait au bazooka et au canon de 75 sans recul sur ces metchas transformées en fortins. L'assaut anéantissait les rebelles qui s'y étaient réfugiés. Ma section revenait en fin d'opération vers le douar et l'éclaireur abattait un rebelle en fuite.

Dans cette action de guerre deux de nos soldats avaient été tués : ce sont des faits qui vous marquent….. Mais le II/22 R.I. avait mis hors de combat une partie de la Katiba, récupéré des armes et des munitions, détruit le refuge des H.L.L à l'origine des sabotages commis dans ce secteur.

Les jours suivants se passaient en ratissages dans les massifs boisés du DAHRA, sans découvrir les rebelles dont la présence se remarquait par des abris aménagés en sous bois.

Début novembre 1956 je fus détaché avec une section à l'Est d'HANOTEAU pour renforcer la section de la 7ème Compagnie qui implantait un poste. Il fallait en priorité élever des murettes de pierres récupérées dans l'oued autour des tentes, pour protéger ce camp sur un éperon, dominé au Nord par le djebel BISSA, et surplombant au Sud l'Oued HAMELIL où nous faisions des patrouilles de reconnaissance.

Fin novembre 1956 je revenais à CAVAIGNAC pour le départ des "rappelés". Pendant mon absence une section d'appelés du contingent était arrivée, j'ai eu le commandement de la 3ème section. L'effectif de la 8ème Compagnie s'étant beaucoup réduit, le rythme des opérations s'est ralenti. Lors de l'hiver 56/57 avec ma section j'ai effectué des bouclages des embuscades et plusieurs héliportages évitant les départs nocturnes et les longues marches. J'ai participé pendant deux semaines où nous étions en bivouac sous tentes, au recensement d'un Douar isolé et à tendre des embuscades sans résultat.

En février 1957 après 18 mois de service, passant de P.D.L. à A.D.L. et en même temps devenant sous Lieutenant, ma section a été détachée à CHASSERIAU. Le Maire, un"agriculteur" mettait à ma disposition l'école et le logement de l'instituteur inoccupés. Je n'avais ni radio ni véhicule pour joindre ma Compagnie. Il me fallait déjà "fortifier" ce poste improvisé, d'abord en obturant les fenêtres sur rue, puis en entourant les locaux avec des barbelés et des murettes, de crainte d'un harcèlement et surtout à cause de la garde des explosifs de la carrière voisine. Je devais assister dans ses missions à l'extérieur du village, la brigade de Gendarmerie où quatre de mes soldats logeaient.

Malgré ces occupations, j'effectuais des patrouilles de jour et de nuit, en variant les itinéraires. Je maintenais la formation militaire des soldats et gradés en les entraînant au tir chaque semaine. Lorsqu'une opération était prévue vers FLATTERS un convoi venait prendre ma section. Nous partions tôt et rentrions dans la nuit, tandis qu'au poste il ne restait qu'un piquet de garde.

J'ai accompagné plusieurs fois les gendarmes dans leur véhicule, sur les lieux d'assassinats commis par les rebelles. Une nuit il pleuvait un tel déluge que j'ai renoncé à faire la patrouille où j'avais prévu d'aller au col. Cette nuit là, les rebelles ont tué par armes à feu, 6 ou 7 fellahs adultes d'un Douar voisin. Ne voulaient-ils pas leur apporter une aide matérielle ? Un acte de terrorisme odieux qui s'était passé à 500 mètres du poste et mes sentinelles n'avaient rien entendu. Aux traces laissées par les pataugas sur le sol détrempé, les gendarmes notèrent qu'une trentaine de H.L.L. avaient transité d'un djebel vers un autre. J'ai renforcé la protection de mon poste et procédé à des exercices de tirs nocturnes pour montrer que ma section restait parée à toute attaque, et à tous moments.

Le printemps s'annonçait merveilleux et les amandiers fleurissaient. Un matin tôt, je suis avisé par le téléphone du bureau de poste, que le Général de la 9ème D.I. se rendant à visite-du-Colonel-LECOINTE-au-poste-de-BENI-BOUANOU.jpgTENES, atterrirait à CHASSERIAU. A peine avais-je reçu le message qu'une "Alouette" se posait près du village. Pas le temps de placer une équipe de protection de la D.Z., ni un groupe pour rendre les honneurs. J'accueille le Général dans la cour. Je lui fais visiter les lieux, lui montrant les dispositifs prévus en cas de harcèlement. Il remarque les murettes bien verticales, en pierres sèches avec meurtrières auxquelles 2 de mes soldats travaillaient chaque jour. En fin de visite, il me dit : Compliment c'est un véritable petit bordj!!! Je lui fais présenter les armes par un groupe et déjà le Général s'est dirigé vers son hélicoptère.

Quelques jours après, ma permission est accordée. Alors ma section est rappelée à CAVAIGNAC, pour être remplacée à CHASSERIAU par le P.C. du 1/42ème R.A. ou du 131ème R.I.

De retour fin Mai 1957, j'apprends que la 8ème Compagnie monte un camp sous tentes à TAOURIRA sur le versant Nord du Djebel BISSA que je rejoins avec ma section. Le Chef de Bataillon me charge d'aménager un piton voisin : le Djebel AMEROUNA pour accueillir toute la 8ème Compagnie. Ce piton étant inaccessible aux véhicules, avec le bulldozer et son chauffeur mis à ma disposition, je crée à travers rochers et broussailles, une piste en lacets jusqu'au sommet. Puis le bull arase ce piton boisé jusqu'à obtenir une plateforme suffisante où s'installeront les baraquements et les tentes de la Compagnie. Pour ce travail, je monte surveiller les travaux chaque matin avec l'un Entree-du-bordj-sergent-VERLEY-a-TAOURIRA.jpgou l'autre des groupes de ma section. Le soir nous redescendons à TAOURIRA ainsi que le bulldozer et son chauffeur F.S.N.A. qui dit avoir reçu des menaces des rebelles.

Avant la fin des terrassements, le Sous Lieutenant Commandant la Compagnie arrivé avec le convoi de ravitaillement, me propose de retourner à CAVAIGNAC pour ramener mon paquetage et régler avec le Sergent Major, le remboursement des frais de retour de ma permission.

Le lendemain matin 8 juin 1957 je rejoins à MONTENOTTE, le convoi du Colonel du 22ème R.I. Arrivés à mi chemin le Colonel stoppe net le convoi, car il aperçoit des silhouettes sur le piton que la Compagnie aménage. Une rafale de Fusil Mitrailleur miaule sur nos têtes : Ce sont les fellaghas qui sur notre piton, nous tirent dessus alors que ce devait être un groupe de la 8ème Compagnie en protection du bulldozer!

Le Colonel me charge du commandement de son groupe d'escorte et de monter à l'assaut du piton. Je n'ai que mon pistolet automatique. La pente et les broussailles rendent la progression difficile. Au fur et à mesure de la montée, je récupère des soldats du groupe de protection du Bull. Ils expliquent que les fellaghas étant arrivés avant eux, ont tendu une embuscade. En tête le Sergent Chef du groupe et l'éclaireur sont tués. Le reste du groupe en ripostant à mis hors de combat deux rebelles. Mais devant le feu adverse, le groupe s'est dispersé sur le versant opposé où je venais de les retrouver parmi la végétation. L'arrivée imprévue du convoi avait certainement limité le désastre!!!

Le terrassement fut activé. Pour le ciment nous puisons l'eau à une source au flanc de la colline d'en face. La crainte d'une attaque est permanente. La rapidité des travaux permet l'arrivée des matériels pour monter le camp et les baraques en bois. Le 14 juillet 1957 l'inauguration du Bordj à lieu en présence des autorités civiles et militaires de TENES.

Cette implantation au cœur d'un Douar acquis au F.L.N., a facilité de nombreuses opérations dans ce massif montagneux, boisé, truffé de caches pour les rebelles des WILLAYA IV & V. transitant du massif du DAHRA vers celui de l'OUARSENIS. Il ne se passe pas de nuit sans que les sentinelles observent des coups de lampe ou des aboiements de chiens montrant que des déplacements s'effectuent malgré l'interdiction. Sous la protection de notre camp une vingtaine de harkis s'installent dans une mechta qu'ils ont construite.

Sur ce piton les conditions de vie sont difficiles : la chaleur diurne est accablante malgré l'altitude de 600 mètres. A l'inverse les nuits sont glaciales : de la mer monte le soir une fraîche et épaisse brume rendant la visibilité nulle une partie de la nuit. Cela crée un climat angoissant car nous pouvons être harcelés ou tomber en embuscade lors des départs de nuit en opération. C'est lors d'une de ces nuits de brume que les H.L.L ont volé les deux mulets de la Compagnie sans que les sentinelles s'en aperçoivent. L'insécurité permanente, les écarts de température, le manque d'hygiène, mettent le moral et les organismes des soldats et des gradés à rude épreuve.

Après 26 mois de service militaire j'ai quitté l'ALGÉRIE à la mi-octobre 1957.

 

            Jacques BAILHACHE.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 16:28

MES CENT JOURS DANS LA FORCE LOCALE

 

 

Témoignage de Jacques Macé   dans Guerre d’Algérie Magazine  N°6

Historien et ex-sergent au 3ème bataillon de Zouaves Insigne du 3ème Zouave

 Novembre-décembre 2002  - Editions  Gandini

Publication  interrompue fin 2002 après ce n° 6

Relevé sur  Internet - Guerre d'Algérie-Magazine,

Publication reprise avec le N°8 en  juillet 2007

(Copie)

Mes cent jours dans la Force locale

21  mars – 30 juin 1962

Par leur titre " De l’organisation des pouvoirs publics pendant la période transitoire "  (C’est à dire du cessez le feu au scrutin d’autodétermination), les accords d’Evian instituaient un Exécutif provisoire chargé " d’assurer la gestion des affaires publiques propres à l’Algérie……de maintenir l’ordre public. Il disposera, à cet effet, de services de police et d’une force de l’ordre placée sous son autorité "

L’Exécutif provisoire fut présidé par Abderrahmane Farés.

La force de l’ordre, dite locale et forte d’environ 50000 hommes, fut essentiellement constitué par le regroupement des militaires réguliers d’origine algérienne : appelés du contingent et engagés volontaires.

Des forces supplétives (8500GMS, 4500 auxiliaires  de gendarmerie) furent également versées dans la force de l’ordre*1

Jacques Macé    Historien et ex-sergent au 3ème bataillon de Zouaves

LES ZOUAVES

On me dit souvent, avec amusement: "Ah.! Vous avez été Zouave?", ou pire: "Vous avez fait le Zouave en Mes-100-jours-dans-la-force-locale-02-photo-P-2.jpgAlgérie ?" et on me demande si j'ai porté le célèbre uniforme de mon confrère du Pont de l'Aima, avec sa chéchia, son spencer brodé et sa culotte bouffante de laine rouge (dans laquelle une certaine main se serait égarée). En fait, le bataillon ne possédait plus que quelques dizaines de tenues de tradition, arborées lors de solennelles prises d'armes. Nous portions l'uniforme habituel de l'infanterie, à l'exception du béret, remplacé par un calot rouge à croissant or.

 Au tout début de la conquête de l'Algérie, furent recrutés localement des bataillons de Zouaves, du nom de la tribu berbère des Zouaoua, tôt ralliée à l'armée française. Ils furent mis à rude épreuve durant la conquête du territoire algérien - la prise de Constantine en 1837 sous le commandement de Lamoricière. Par exemple*.

 Par la suite, leurs régiments ne furent plus constitués que de soldats d’origine européenne (français, mais aussi espagnols, italiens, maltais), leurs méthodes de combat leur valurent le surnom de "chacals".

 Les Zouaves s'illustrèrent particulièrement durant la guerre de Crimée, sous le commandement du général de Mac Manon. Le 3ème Zouaves adopta pour devise la célèbre formule de Mac Mahon à Malakoff: " J'y suis, j'y reste "**.

En Algérie, des appelés irrévérencieux l'avaient transformée en : "J'y suis... par erreur, j'y reste... par force".Mes 100 jours dans la force locale 01 photo P 1

 On retrouve pendant un siècle les Zouaves sur tous les champs de bataille: Italie. Mexique, guerres de 1870-71. 1914-1918 et 1939-1945. Leurs exploits ont fait l'objet de récits épiques et de pittoresques gravures. Ils ont donné leur nom aux Zouaves pontificaux et même à des régiments de l’armée américaine, notamment lors de la guerre de Sécession.

Durant la guerre d'Algérie, les bataillons de Zouaves retrouvèrent leur champ de bataille d'origine et présents dans les trois corps d'Armée, ils se signalèrent brillamment tout ou long du conflit La fin de la colonisation mit fin à l'existence des Zouaves. Il n'existe plus d'unité de Zouaves dons l'armée française. J'ai été l'un des derniers, tel un Mohican.

    * Tous ceux qui aiment la ville de Constantine connaissent la place de la Brèche, brèche par laquelle les Zouaves s'engouffrèrent dans la citadelle 

       ** Phrase qui ne fut sans doute pas prononcée sous cette forme, comme la plupart des formules " historiques "

Témoignage                                 La force locale

La création de la Force locale s’effectua par la conversion d’unités de l’armée française, sous le commandement d’officiers français.

Le 26 mars, un détachement  du 4ème régiment de tirailleurs algériens – déployés à Alger au titre de la force locale, a-t-on   un temps prétendu*²- se trouva en première ligne face à une manifestation des Européens de Bab el Oued : ce fut le massacre de la rue d’Isly, qui fit quarante - six morts et deux cents blessés

            Le nom de Force locale  fut dé lors honni par la population pied noir, à Alger et à Oran notamment. Dans le bled la Force locale prit la relève des unités de secteur chargées du maintien de l’ordre

Cent trente- deux ans, après la conquête de l’Algérie, l’armée française comprenait dans ses rangs de nombreux sous-officiers musulmans (sergents, sergents-chefs, quelques adjudants) combattants de valeur, mais les sous-officiers ou caporaux algériens susceptibles d'assurer la logistique d'unités en campagne faisaient cruellement défaut.

 Des militaires métropolitains, engagés et appelés du contingent, furent donc maintenus dans les unités de la Force locale pour y assurer les f o n c t i o n s indispensables à la vie sur le terrain. Ce fut mon cas, dans les monts du Constantinois.

En fait, l'Exécutif provisoire restait soumis au contrôle du haut-commissaire de la République, responsable de " la sécurité et du maintien de l'ordre en dernier ressort "

             Les unités de la Force locale ne coupèrent donc pas le cordon ombilical avec les régiments français dont elles étaient issues et leur rôle ne fut jamais bien défini ni bien compris, en pleine période d'exactions de l'OAS. Les ouvrages sur la Guerre d'Algérie n'y consacrent généralement que quelques lignes. Pourtant, ces cent jours dans la Force locale *3 constituent une phase importante de mon existence, dont je conserve le vif souvenir. Je remercie "Guerre d'Algérie magazine" de m'offrir la possibilité de faire partager cette expérience, en simple témoignage d'une aventure vécue.

Mes débuts d'appelé

Titulaire de deux diplômes d'ingénieur, incorporé en septembre 1961, je ne fus pas admis aux EOR*4 car Mes-100-jours-dans-la-force-locale-03-photo-p-30.jpgjugé de constitution trop fragile et fus classé "asthmatique". Après des classes au centre d'instruction du 60ème régiment d'Infanterie à Lons le Saunier, je fus affecté début janvier 1962 au 3ème bataillon de Zouaves dans le Constantinois où, rapidement, je fus nommé caporal, puis sergent afin que l'Armée puisse utiliser mes capacités supposées. En effet, si le commandement du 3ème Zouaves se trouvait à Constantine, ses compagnies étaient dispersées de Bône à Souk-Ahras et Tébessa, chargées en particulier de l'ouverture matinale des voies ferrées et de l'escorte des trains. Les compagnies étaient autonomes et devaient gérer elles-mêmes leur logistique, leur effectif, leur solde, etc. Elles avaient donc besoin de gestionnaires compétents ou débrouillards. Je fus affecté dans ce but à la 3ème  compagnie du 3ème Zouaves.

Cette compagnie, précédemment en charge de la protection des voies ferrées du secteur de Souk-Ahras, venait d'être envoyée à Constantine pour assurer le maintien de l’ordre dans les rues de la ville, à l'approche de décisions politiques importantes. Je m'initiai aux méthodes administratives de l'Armée prés de l'adjudant comptable dont je dépendais et je fus chargé de la tenue des effectifs, de l'établissement de la solde, du paiement des indemnités de maintien de l'ordre, etc. L'effectif de la compagnie incluait une demi-douzaine d’ex-chasseurs parachutistes, qui contaient leur aventure. Leurs régiments avaient été envoyés de Bône et Philippeville en direction d'Alger pour soutenir le putsch d'avril 1961. Mais, en route, des appelés - instituteurs, étudiants, syndicalistes ouvriers et paysans - avaient entendu sur leurs transistors l'appel du général de Gaulle à s'opposer au quarteron de généraux factieux. Tenant des forums de discussion, désorganisant les convois et les transmissions, ils avaient obligé leurs officiers à faire demi-tour. Les plus actifs de ces acteurs de la "révolution des transistors" avaient été mutés dans diverses unités pour y terminer leur temps de service. Idéalisant leur action et faisant d'eux des victimes, la mesure avait eu l'effet inverse de celui attendu.

 Le capitaine E... . commandant la compagnie, était un fervent amateur de bridge. Il avait sous ordres un lieutenant et deux aspirants dont l'un ne bridgeait pas. Interrogé dés mon arrivée, j'avouai que je bridgeais et je fus appelé a faire "le quatrième", bénéficiant ainsi d'une position privilégiée pour suivre les événements. Car nous allions bientôt avoir d'autres cartes à jouer.

Création de la Force locale

            Le 19 mars 1962 arriva. Toute la journée du 18, l'atmosphère fut tendue dans les rues de Constantine. Le soir, nous avons distribué aux patrouilles nocturnes des paquets d'une affiche à coller sur les murs de la ville: elle représentait deux enfants, l'un au teint clair, l'autre de type maghrébin, se tenant par leMes-100-jours-dans-la-force-locale-03-photo-P31.jpg cou avec la légende  "19 mars 1962 - Pour nos enfants,  la paix en Algérie". Des centaines d'exemplaires sont passés entre mes mains et je n'ai pas pensé à en conserver un seul; je m'en veux encore. Le 21 mars, nous apprenions que la 3ème compagnie du 3ème Zouaves avait été choisie pour constituer le support administratif et logistique d'une unité de Force locale et prenait le nom de 403 UFL*5 Le capitaine E.. en charge de l'opération, conserva les officiers et sous-officiers chefs de section, ainsi que la vingtaine d'appelés FSE *6 constituant la section de commandement et de services : administration, radio, fourriers, infirmier, cuisiniers, chauffeurs, etc., tandis que les autres appelés FSE étaient mutés dans différentes compagnies. Tous les Algériens servant dans les différentes compagnies du 3ème Zouaves, soit comme engagés soit comme appelés FSNA *7 furent affectés à notre unité. Ils furent bientôt rejoints par des Algériens en provenance d'autres régiments du Constantinois, lesquels avaient reçu l'ordre de transférer leurs effectifs FSNA à la 403 UFL. Chargé de tenir les tableaux d'effectif (sans ordinateur!), je ne manquais pas de travail: en trois semaines, plus de quatre cents Algériens furent affectés à la 403 UFL et, du fait des libérations d'appelés et des désertions, près de trois cents y demeurèrent jusqu'au bout. Début avril, la 403 UFL, rassemblée à Ouled Rahmoun  - important nœud ferroviaire au sud de Constantine - était transféré en plein bled, à la Cheffia à une quarantaine de kilomètres au sud de Bône. Sa mission - nous allions l'apprendre progressivement -était triple :

- protéger le chantier d'un important barrage hydraulique, en construction dans le cadre du Plan de Constantine;

- assurer la sécurité d'un regroupement de population situé près de notre camp;

Mes-100-jours-dans-la-force-locale-04-photo-p.4.jpg- ouvrir le barrage de la frontière tunisienne (la Ligne Morice) pour permettre l'entrée en Algérie des unités de l'ALN stationnées de l'autre coté de la frontière.

Dans la situation délicate où nous nous trouvions, engagés sous contrat et appelés FSE associés en cette aventure, nous allions rapidement constituer un petit groupe très soudé et vivre une expérience extrêmement enrichissante. Quarante ans plus tard, il m'arrive encore d'y penser avec émotion. L'histoire s'intéresse surtout aux drames et Dieu sait s'il y en eut à Alger et à Oran en ce printemps 1962 ! Au fond de notre Constantinois, la situation, bien que tendue, fut moins tragique et une succession de scènes remonte à ma mémoire.

 

Mon quotidien à La Cheffia

La mission

Dans cette nouvelle implantation, je devins un peu l’homme a tout faire du capitaine (enregistrement et diffusion du courrier, des notes de service, tenue des effectifs, solde, etc.) car l'adjudant dont je dépendais, peu satisfait d'être entraîné dans cette affaire, avait utilisé son droit à une longue permission. Les Européens reçurent instruction de sélectionner parmi les Algériens, des hommes capables d'être formés aux fonctions qu'ils assumaient et de prendre leur relève. Pour montrer que nous n’étions là  qu'en transition, nous ne portions pas d'arme ni ne prenions de garde. Je considère aujourd'hui avoir été ainsi l'un des premiers à faire de la coopération militaire en Algérie. Je me retrouvai donc avec deux assistants kabyles, pleins de bonne volonté, mais avant à peine le niveau du certificat d'études et auxquels je dus apprendre à présenter et classer le courrier, à tenir les effectifs à faire la solde, etc..  Avec toute la rigueur de la réglementation militaire*8

. Je désespérais un peu de parvenir au but avant l'échéance fatidique du 1er juillet*9.

Pour éviter un drame toujours possible, le Corps d'Armée de Constantine mit en place près de nous, en protection, une demi- section (15 hommes) de la célèbre 13ème demi-brigade de La Légion Étrangère (13ème DBLE). Nous avons familiarisé avec eux et nous admirions leur professionnalisme. Si je dus devenir écrivain public - mettant en forme les lettres des légionnaires à leurs petites amies pieds-noirs ou leur expliquant les courriers de leur avocat concernant leur divorce-, je ne pouvais ensuite tenir leur cadence au bar !

L'ordinaire

Pour la nourriture, nous n'avions pas à nous plaindre. Dans le no man's land de La Ligne Morice le gibier (cerfs, sangliers et lièvres) avait pullulé. Les officiers prirent l'habitude d'aller le dimanche à la chasse en hélicoptère. Je me souviens encore du regard de jouissance de l'un de nos cuisiniers, boucher de profession, lorsqu'on lui apportait un cerf de quelques centaines de kilos à dépouiller ! Jamais je n'ai mangé autant de gibier et, aujourd'hui lorsque cela m'arrive, je repense à La Cheffia. Après un premier incident, nous avons cependant refusé les sangliers par respect pour nos amis musulmans. Pour les autres produits, nous devions nous approvisionner auprès de l'intendance militaire de Bône ou des commerçants de la ville. Le nom de la Force locale n'y était pas en odeur de sainteté et mes camarades de la cuisine constataient que, lorsque le camion de la 403 UFL se présentait, les stocks étaient généralement épuisés. Heureusement, nous avions conservé les tampons au nom de la 3ème compagnie du 3ème Zouaves et nous les avons réutilisés astucieusement sur les bons de commandes, surchargés UFL ensuite. Les livraisons reprirent comme par enchantement.

La population          

            Le lotissement situé à   côté de notre camp regroupait des populations qui avaient été déplacées lors de la mise en place de la Ligne Morice. Le moins que l'on puisse dire est qu'une grande misère y régnait.    Notre infirmier appelé qui n'avait subi que quelques semaines de formation - fût autorisé à y donner des soins et, d'ailleurs, se débrouillait plutôt mieux que les infirmiers de l'ambulance du Croissant Rouge qui passait dans le village. En revanche, ces "infirmiers" semblaient particulièrement formés à tenir des discours à la population. Il est vrai que le scrutin d'autodétermination, même si on évitait de l'évoquer directement, occupait tous les esprits. Vite, nous avons observé des prises de contact entre nos sous-officiers musulmans engagés, certains appelés algériens - en particulier nos assistants !-, les responsables du village et les gens du Croissant Rouge...

 Un drôle d'air

            En dehors des missions de protection qui leur étaient confiées, les chefs de section occupaient leurs hommes par des exercices et des marches. Pour maintenir La cadence, ils tentaient de leur apprendre, sans grand succès, des chants militaires. Un jour, une section rentra au camp en chantant avec ardeur en arabe. L'aspirant qui la commandait en était tout  fier. Nous étions cependant quelques-uns à écouter la radio et à nous tenir informés des événements. Le dialogue suivant s'engagea :

- Vous avez entendu comme ils chantent bien mes gars quand ils veulent ?

- Ce sont eux qui vous ont proposé  cet air, mon lieutenant ?

- Affirmatif.

- Vous savez ce que c’est ?

- Non. Mais ils mont  dit que c'était un chant très connu.

- C'est l’hymne du FLN futur hymne national de la République algérienne:

 Chaque fois que, lors d'une visite de chef d'Etat,  j entends l'hymne algérien, je repense à Ia Cheffia.

Un dilemme difficile

Mes-100-jours-dans-la-force-locale-05-photo-P-5.jpgPour certains, l'avenir était plein de ténèbres. Un lieutenant   d'origine algérienne, formé   a  l'École militaire inter Armes de Coëtquidan, avait été nommé adjoint du capitaine. Quelques échanges avec lui m'avaient montré sa grande culture et sa parfaite intégration. Il avait la possibilité de demander sa mutation en France avant   fin juin mais cette décision signifiait sa rupture définitive avec son pays natal. Il était partagé entre cette solution et celle de parier sur l'application honnête des accords d'Évian qui lui garantissaient son intégration dans la future armée algérienne. Il hésitait et, à travers la mince cloison qui séparait mon bureau de celui du capitaine, j'entendais leurs longues discussions...

Echappées

            Pour ma part, j'avais tous les 15 jours la possibilité de replonger dans l'atmosphère de Constantine. je devais en effet verser, en argent liquide, la maigre solde des soldats mais aussi les indemnités plus conséquentes de maintien de l'ordre et de séparation familiale des engagés.   En  raison de notre effectif,  ces indemnités représentaient plusieurs milliers de francs (nouveaux) à retirer à la Banque d'Algérie. Pour cette opération, je me faisais accompagner d'une escorte armée, car je devais également retirer à l'intendance une marchandise précieuse et convoitée, les fameux cartons des cigarettes attribuées à tous les militaires. Je profitais aussi de ces sorties pour acheter, discrètement. L'Express de Jean-Jacques Servan-Schreiber, Françoise Giroud et François Mauriac ou, sacrilège. Le Canard enchaîné.

Le faux départ         

Nous manquâmes certainement de peu d'être mêlés aux tragiques événements d'Alger. Un après-midi - dont je n'ai pas noté la date-, nous reçûmes l'ordre de démonter notre camp, de mettre nos équipements en caisse et de partir en camions à Constantine pour embarquer en train a destination d'Alger. C'était au moment de l'une des plus fortes offensives de l'OAS et l'État Major avait décidé de nous jeter dans le chaudron algérois. Le contre-ordre arriva au petit matin, quelques minutes avant les premiers départs. Jusqu'à la fin, nous allions rester à La Cheffia.

Les désertions

            Des décisions politiques eurent pour effet de diminuer nos effectifs. Alors que le service militaire était alors de 27 mois, nous reçûmes en mai l’instruction de libérer les appelés FSNA ayant effectué 24 mois de service. Il fut également décidé d'accorder des permissions a tous les engagés FSNA qui le souhaitaient. Certains, ne sachant comment   ils seraient accueillis dans leur village, refusèrent,  mais beaucoup profitèrent de cette possibilité. La plupart d'entre eux ne rejoignirent pas à  l'issue de leur permission - préférant sans doute attendre chez eux la suite des événements -et furent considérés comme déserteurs.  Il y eut aussi quelques désertions directes. L'établissement des dossiers de désertion, tache complexe et fastidieuse, m'occupa de longues heures. Le délai légal écoulé, il  convenait d'inventorier le paquetage du déserteur pour déterminer les uniformes et équipements manquants et calculer le montant du " préjudice causé à l’Etat ".

             Magnifique occasion pour le fourrier qui effectuait cet inventaire avec moi de remettre à jour ses stocks. Bien qu'il y ait prescription, je ne m'étendrai pas davantage sur le sujet !

La fin de la Force locale

La dernière opération effectuée par la 403 UFL eut lieu dans la seconde quinzaine de juin 1962. Des coupures de la Ligne Morice avaient été effectuées, des routes remises en service entre l'Algérie et la Tunisie. Nos sections assurèrent le dégagement et la protection des voies tandis que défilaient sur des camions neufs et dans des tenues de combat rutilantes les unités de l’ALN stationnées en Tunisie et qui se précipitaient vers Alger. La fin n'était plus loin. Apres avoir préparé les listes électorales pour le référendum d'autodétermination du 1er juillet, les Européens, à l'exception des officiers et de quelques sous-officiers de carrière, reçurent l'ordre de se replier à Bône jusqu'au résultat du vote. Nous passâmes précipitamment les consignes à nos assistants, leur souhaitâmes bonne chance, et le samedi 30 juin quittâmes La Cheffia.

             Hébergés à la compagnie de Zouaves de Bône, nous sommes restés cloîtrés les jours suivantsMes-100-jours-dans-la-force-locale-06-photo-P-6.jpg pendant que la foule célébrait bruyamment le résultat du vote. Nous n'apprîmes qu'indirectement ce qui s'était passé à La Cheffia.

             Le 5 juillet, au lendemain  de l'Indépendance, une unité de l'ALN avait encerclé le camp. Les contacts turent froids mais corrects. Les officiers français se retirèrent sous la protection de la Légion.

 Les appelés algériens furent libérés et renvoyés dans leurs foyers. En ce qui concerne les engagés, sans doute y eut-il quelques règlements de compte... Une partie d'entre eux fut affectée aux travaux de déminage de la Ligne Morice et je doute que beaucoup en soient revenus. Mais certains, qui avaient sans doute préparé leur conversion de longue date, furent incorporés dans l'armée nationale ou l'administration algérienne. J'appris quelques mois plus tard que l'un de nos anciens sergents-chefs était commissaire de police à Bône.....Ainsi va le monde

Je n’en avais pas fini avec la Force locale. En effet la plupart des appelés FSNA étaient soutiens de famille et leurs proches bénéficiaient d’allocations accordées par les municipalités -ce qui incitait les jeunes gens à faire leur service militaire plutôt qu’à prendre le maquis. Les dossiers du personnel avaient été laissés à La Cheffia. Je fus chargé de les reconstituer à partir des archives disponibles à Constantine et d'écrire aux maires concernés que les attributaires avaient été libérés plus tôt que prévu.

Ce travail, dans lequel je ne fis pas preuve d'une énergie débordante, m'occupa l'été 1962, me laissant le temps de suivre le» événements (d'Oran au Petit-Clamart). En octobre, dans le cadre des réductions d'effectifs de l'armée française, les bataillons de Zouaves furent dissous. Je participai aux opérations de liquidation du 3ème  Zouaves (mutation des effectifs, destruction ou reversement des matériels et équipements), jusqu'à l'embarquement pour Mourmelon de l'échelon liquidateur, mettant fin à cent trente-deux ans d'histoire.

Versé dans une autre unité pour une fin de service beaucoup plus banale, je fus libéré en février 1963, avec le contingent 61-2B, le premier à n'effectuer que dix-huit mois de service.

 Dans les années 1970. Je formulai le projet de partir en vacances dans le Constantinois, puis je le reportai à plus tard. Les événements l'ont rendu impossible. Aujourd'hui, j'ai 65 ans. Ai-je une chance de pouvoir un jour, retourner à La  Cheffia ?

 

*1) Maurice Faivre « les supplétifs dans la guerre d’Algérie Guerre d’Algérie N°4

*2) l’ouverture des archives en 1992 a permis d’éclairer l’affaire.  Le 26 mars 1962 la Force locale était en phase    de constitution. Les tirailleurs, s’ils avaient vocation à devenir Force locale ne l’étaient pas encore

*3) l’exécutif provisoire et la force locale ont duré cent jours, comme le retour au pouvoir de Napoléon 1er en          1815. Curieusement, aux mêmes dates du 20 mars à fin juin

*4) Peloton de formation, des élèves-officiers de réserve.

*5) Le chiffre 3 indiquait le rattachement au 3ème Corps d'Armée, celui de Constantine, suivi d’un

        numéro d'ordre.

*6) Français de souche européenne.

*7) Français de souche nord-africaine.

*8) Nous ne l’avions pas fait exprès mais nous nous aperçûmes après coup que nous avions presque

        tous  choisi des assistants kabyles.

*9) On nous demandait de faire en trois mois, ce qui n'avait pu l’être en cent trente ans

 

Extrait de la revue "Guerre d'Algérie Magazine N°6"

Ce document m'a été communiqué par Yvon PRIOU.

 

Le 22ème Régiment d'infanterie basé à TENES à fourni deux unités à la Force Locale de l'Ordre.

    Le 2ème Bataillon à KHALLOUL sous la dénomination 475ème UFO.

    Le 3ème Bataillon à CHASSERIAU sous la dénomination 476 ème UFO.

 

Je serai heureux d'être contacté (à l'aide des fiches contacts du blog) par des anciens de ces unités pour qu'ils me fassent part de leurs souvenirs .

 

      Michel.

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 17:08

LE COMMANDO PARTISAN P.22 A DUPLEIX

 

 

ALEXANDRE et GRAS…..et les Partisans P22. Qui ne se rappelle pas de ces deux "lascars"?

 

Au mois de juillet 1959, la Gendarmerie Nationale recevait l'ordre de fournir des officiers gradés et gendarmes pour encadrer des "commandos de chasse de Gendarmerie". Vingt et une légions de gendarmerie départementale et mobile de la Métropole, d'Algérie, du Maroc et d'Allemagne, envoyèrent des volontaires. Après une formation, au centre d'entraînement et de perfectionnement d'OUED-FODDA, ils rejoignirent leurs six commandos, baptisés "Partisans" suivi d'un numéro de série.

  • Partisan 20, stationné à Aïn-Lelou (Orléansville).Page-1-du-livre-les-commandos-de-chasse-en-Algerie.jpg
  • Partisan 21, stationné à Téniet-El-Haad (Sersou).
  • Partisan 22, stationné à Dupleix, commandé par le lieutenant Nicolaon, assisté du lieutenant Oswald.
  • Partisan 26, stationné à Flatters (Orléansville).
  • Partisan 43, stationné à Bordj-Baache (Ténès).
  • Partisan 44, Stationné à Pointe Iad.

L'effectif de ces commandos comprenait : 3 officiers, 19 gradés et gendarmes, 100 harkis. L'armement se composait essentiellement de P.M. de P.A., de fusils et de F.M. Les liaisons étaient assurées par des ANPR C10 et des TRPP 8. Tout le personnel était équipé d'équipements spéciaux : vestes et casquettes camouflées, djellabas, sacs et anoraks.

L'unité est articulé en un peloton de commandement et trois pelotons de combat, formés eux-mêmes en sticks, (voltige, choc ou feu) constitués à la demande. Très vite cette unité devint une bonne compagnie légère d'infanterie, pratiquant un combat sans secret ni mystère, avec une action reposant sur trois principes :

  • Mouvement de nuit – Immobilité et invisibilité de jour aux fins d'observation – Embuscades et coups de main.

Les conditions de vie des commandos de chasse sont sévères mais supportables : le rythme opérationnel est de l'ordre de vingt jours d'opération par mois. Les cantonnements sont généralement convenables, soit Ferme-buthion-photo-Albert-ROUSSEL.jpgd'origine comme à DUPLEIX (P 22) à la ferme Buthion ou à MARCEAU, soit plus sommaire, comme à Aïn-Lelou.

Les harkis, sont de humbles fellahs, pauvres et loyaux, dotés d'une grande faculté d'adaptation sur le terrain, des soldats d'un courage, d'une ardeur et d'une discipline sans faiblesse.

Sur les six cents harkis recrutés pour l'ensemble des commandos de chasse Gendarmerie, du 1er décembre 1959 au 30 avril 1962, aucune désertion ne fut enregistrée.

 

Les premières interventions et résultats de P 22. Le commando désigné sous l'appellation de Pandore 32 s'installe à DUPLEIX dans une ferme encore exploitée par la famille BUTHION. Il s'était déjà familiarisé avec la région pendant les trois semaines de stage d'OUED-FODDA, en organisant des embuscades dans la vallée de DAMOUS et connaîtra ses premiers succès les 11 et 12 octobre, en compagnie du 1er Bataillon du 22ème R.I., dans le secteur de GOURAYA.

Le 7 novembre, au cours d'une opération de chasse libre, un rebelle est mis hors de combat et de nombreux suspects sont appréhendés, mais le caporal harki KERKANE Aïssa est tué. C'est le premier mort au combat, des commandos de gendarmerie.

Une décision inattendue va réjouir les hommes de Pandore 32, le commando est appelé à défiler à ALGER pour les cérémonies du 11 novembre et il bénéficiera d'un quartier libre de 24 heures dans cette ville. Dès son retour à DUPLEIX, il reçoit la visite du Général MASSU commandant le corps d'armée d'ALGER.

Au cours de la deuxième quinzaine de novembre, Pandore 32, prend l'appellation de Partisan 22 et obtient quelques résultats encourageants mais, le 2 décembre, le caporal infirmier détaché par le service de santé est tué en opération dans la région du djebel BOU-TOUIL.

Trois jours plus tard, le capitaine CROMBEZ est hospitalisé, le lieutenant OSWALD le remplace à la tête de l'unité.

Le 2 février, le lieutenant NICOLAON, prend le commandement de P22 à la place du capitaine CROMBEZ malade et rapatrié en France dix jours plus tard. Le commando obtient des résultats le 4 mars au levé du jour, dans le massif des Béni-bou-Mileuk, un élément rebelle perd 2 hommes et leur armement dans une embuscade montée par la section du lieutenant OSWALD et du gendarme ALEXANDRE.

En juillet, l'opération "Tornado" se poursuit dans le djebel BISSA et P22 y est régulièrement engagé. Le 12 juillet, des civils et un groupe de harkis du 22ème R.I. et P22, en permission au douar Sidi Hamada, à quelques kilomètres de DUPLEIX, échangent des coups de feu avec une bande de rebelles qui perd un homme, mais le harki YOUSFI Djelloul de P22 est également tué.

Les opérations vont alors se succéder, Cigale, Epervier, Vautour, Rodéo, et les hommes des 6 commandos de chasse vont s'y illustrer et ce jusqu'au jour du dénouement, le 19 mars à midi, avec le cessez le feu.

Dans les commandos, toutes les activités opérationnelles ont, bien entendu, été arrêtées. Au cours de la première semaine d'avril plusieurs désertions se produisent, à P22 le 8 avril une seule : S…. Mohamed. Va se poser alors la question des harkis : trois solutions leurs sont offertes. Ils peuvent s'engager dans l'armée ou retourner dans la vie civile avec une prime de licenciement ou encore être placés dans une position d'attente, en souscrivant un contrat civil de six mois.

La quasi-totalité souhaite s'engager mais, comme rien n'est prévu pour que les familles suivent, ce choix les conduit tout simplement à abandonner les leurs. Certains harkis vont choisir d'abandonner une prime qu'ils jugent ridicule et rejoindre les rebelles en emportant leur arme, avec l'espoir que ce gage sera suffisant pour les réhabiliter aux yeux de ceux qu'ils avaient combattus.

Le 14 avril 1962, sur 550 harkis que comptaient les commandos de gendarmerie, lors du cessez le feu, il n'en reste plus que 95 dans les unités.

Pour le personnel d'encadrement, leur sort sera fixé le 15 avril par le Général BOULANGER. Partisan 22, fera mouvement sur Mouafékia le 17 avril, sera dissout le 17 avril 1962 et le lieutenant CARRADEC abandonne la ferme BUTHION le lendemain.

Le 1er Mai, dans son ordre du jour, le Général BOULANGER fait état des succès et des pertes des commandos de chasse de Gendarmerie entre le 1er décembre 1959 et le 30 Avril 1962 et souligne que "par sa brillante réussite en zone Ouest Algérois, le groupe de commandos a fait grandement honneur à l'Arme d'élite qu'est la gendarmerie"; Le bilan se chiffre par 952 rebelles hors de combat et 359 armes saisies et pour Partisan 22 : 43 tués, 48 prisonniers, 28 armes de guerre (F.C P.A) saisies ainsi que 19 grenades et obus.

Durant la même période, les pertes des commandos se sont élevées à 37 tués, deux officiers (un Capitaine et un lieutenant), trois sous officiers, neuf gendarmes et vingt trois harkis et 56 blessés, (seize gendarmes ainsi que quarante harkis).  GLOIRE LEUR SOIT RENDUE.

 

 MON COMBAT, par Marcel ALEXANDRE.

 

Engagé volontaire aux commandos parachutistes à VANNES (Morbihan) au 1er ½ B.C.C.P. Engagé d'urgence en octobre 1950, je sers au 1er, 2ème et 7ème B.C.C.P., pendant une période de 6 ans..

Ma participation aux principaux combats sont : SONTAY – NIM-BINH  et KOA-BINH. L'année 1954, sera le repli d'HANKE-PLE-KUH, où je recevrai ma médaille militaire au feu.

Je rentre en France en Août 1956, après avoir effectué quatre sauts opérationnels, dont le dernier me fut fatal et me rendit inapte aux paras.

Entré en Gendarmerie, je sers en ALGERIE à l'escadron d'ISSERVILLE LES ISSERTS, puis à celui de CHERCHELL et enfin détaché au peloton routier de DUPLEIX. Volontaire pour les commandos de chasse de Gendarmerie de Juillet 1958 à 1962. Au mois d'août 1962, je me retrouve comme instructeur à l'école de Gendarmerie à BRAZAVILLE et conseillé commando auprès du Président Fulbert YOULOU, puis je rentre en France en juillet 1965 pour être expédié comme chef de section dans les mines de manganèse à MOUANDA (Gabon).L

De retour en France, je suis de nouveau mis à caution, comme commandant de brigade à CHAMPENOUX (54) pour les évènements de mai 1968.

Je suis titulaire de 9 citations de Médaille Militaire, Chevalier de la Légion d'Honneur le 13 juillet 1974, officier de la légion d'Honneur le 20 mai 2004, J'ai également été blessé deux fois.

 

photo-anciens-Partisans-P22.jpg

 

 

Ce texte est extrait du livre "Si DUPLEIX m'était conté". De Mr Roger LIBOUREL

Il m'a été communiqué par Raymond FOISSAC.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:46

L'HISTOIRE DE LA FAMILLE BUTHION A DUPLEIX

 

                                Cliquez sur les textes pour les agrandir.

Histoire-Dupleix-2---1.jpg

 

Histoire-Dupleix-3--1.jpg

 

Histoire-Dupleix-4--1.jpg

                  Extraits du livre "Si DUPLEIX m'était conté" de Mr Roger LIBOUREL.

                  Ce document m'a été communiqué par Raymond FOISSAC.

                  Sur la photo de la famille BUTHION figurent 10 militaires du 22ème R.I. s'ils se reconnaissent qu'ils veuillent bien contacter   le blogueur

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 18:17

GUERRE D'ALGERIE UNE GENERATION SACRIFIEE

 

 

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Patrick-Charles Renaud

 

 a le plaisir de vous faire parvenir le document de présentation

 de son dernier livre

 

Guerre d'Algérie - Une génération sacrifiée

50 ans après, des Appelés et Rappelés témoignent

 

 

 

Si vous le souhaitez, des exemplaires numérotés et dédicacés sont disponibles auprès de l'auteur.

 

Les ouvrages commandés sont envoyés par voie postale.

 

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Patrick-Charles Renaud 

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Tél : 03 83 20 13 38 - e-mail : patrick-charles.renaud@orange.fr 

 

 

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Fait à    ............................................, le....................................   Signature :

 

 

©Dédicace(s) personnalisée(s) uniquement sur demande - Merci de le préciser et de communiquer les éléments

 

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 17:35

UN SOLDAT EN ALGERIE PARMI LES DERNIERS

 

 

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   Je vous propose dans cet ouvrage de mémoire, de faire un voyage en Algérie, à l'époque des derniers "militaires appelés" dont j'ai fait partie en 1963-1964. C'est peut-être l'occasion de vous rappeler ces moments de  jeunesse si vous les avez vécus vous-même, ou de découvrir ce qu'était la vie de nos soldats, dans ce pays loin de chez eux.

Gérard Pottrain

 

Editions Nord Avril

L'ouvrage : 236 pages

Format 16,5 x 23 cms

70 illustrations

Couv. Quadrichromie

Prix 18 €uros T.T.C.

 

I.S.B.N. : 2-9519530-7-0

E.A.N. : 9782951953079

 

   L'auteur raconte ses 16 mois de service militaire : classes éprouvantes à Lille, départ et séjour d'une année en Banlieue d'Alger.

 

   Il parle de ses camarades, et de ses occupations : gardes vigilantes, sorties en zone d'insécurité, contacts avec la population locale, découverte d'Alger, de Maison-Carrée et ses maisons de tolérance ainsi qu'une périlleuse et difficile histoire d'amour avec une fille de là bas. Puis c'est le grand rapatriement des troupes en juin 1964…

 

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         http://un-chat-voyageur-de-gerard-pottrain.over-blog.com:  

 

         Gérard POTRAIN a été incorporé au 2ème bataillon du 22ème R.I. qui à cette époque s'appelait le 22ème Bataillon d'infanterie. Il a été en poste à ALGER de juin 1963 à Juin 1964.

 

          Michel

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 10:07

LE CONTINGISTE

 

Le contingiste page 1

 

 

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L'ACCROCHAGE

 

 

A chaque opération je souhaitais presque l'accrochage pour en finir avec cette guerre qui piétinait de plus en plus.

Le 3 juin 1958 nous partons à minuit trente pour une direction que nous ignorons. A onze heures trente nous avons eu un réveil en fanfare. Léger débriefing du capitaine. Nous prenons quarante huit heures de vivres et sommes sur pieds avec notre armement au grand complet, plus qu'à attendre les camions qui sont en route. J'ouvre une parenthèse pour dire ce que je pense des chauffeurs, des tringlots comme nous les appelons. Eux non plus n'avaient pas la vie belle, ils étaient toujours sur les pistes pour nous conduire ou nous chercher, et il fallait qu'ils montent la garde près de leurs camions en nous attendant. Ils étaient devenus de vrais routiers acrobates bien que de temps en temps, un tombe au ravin. Donc les camions arrivent, nous montons en vitesse. En direction de DUPLEIX, nous nous posons la question, à DUPLEIX nous tournons à droite ou à gauche ? C'est à droite donc en direction de GOURAYA. Arrivés à GOURAYA, c'est encore à droite, nous comprenons vite, nous allons encore crapahuter dans le BOULHAL. A trois heures du matin nous débarquons. Nous sentons que quelque chose se passe. D'après les T.O. que nous recevons un quadrillage complet du secteur est en train de se mettre en place. Des renseignements sûrs sont parvenus et le piège devrait fonctionner. C'est juste dans les premières lueurs du jour que les premiers coups de feu éclatent. Ce sont les hommes du B.T.A. qui accrochent une bande forte de soixante rebelles environs. Les tirailleurs laissent un mort et trois blessés sur le terrain. Pour ce premier accrochage nous avançons en colonne. A huit heures le capitaine me fait remonter la colonne avec mon équipe, ils sont là me dit-il, dans l'oued devant nous. Avec mes hommes il ne faut pas longtemps pour se mettre en position. Il ne faut pas le leur répéter deux fois, dans la première minute un obus est déjà parti, ce qui vaut d'ailleurs des félicitations du capitaine pour notre vitesse d'exécution. Comme de coutume l'aviation nous épaule en mitraillant les pitons que nous ne contrôlons pas pour éviter la fuite des rebelles. Toute la matinée se passe ainsi. Nous tirons sur quelques fuyards isolés. Mais à quinze heures quarante c'est l'accrochage, pendant deux heures quinze c'est un combat sans merci. A vingt heures le B.T.A. et le commando Amarante montent à l'assaut, quant à nous, nous descendons dans l'oued et remontons de l'autre côté pour essayer de prendre les rebelles à revers, mais leur défense est bien faite. Nous montrons à peine le bout du nez que des tirs d'armes automatiques nous clouent au sol. Pendant ce temps la nuit arrive et le combat devient moins violent. C'est une technique que les fells utilisent maintenant à chaque contact avec l'armée. Ils fuient le plus longtemps possible pour accrocher le plus près de la tombée du jour ce qui permet de pouvoir se dégager en laissant un minimum d'hommes au combat. De notre côté nous avons cinq morts et une dizaine de blessés. Quant aux rebelles ils laissent trente deux morts sur le terrain, trois fusils mitrailleurs, douze P.M., des fusils de chasse et de guerre, des vivres et des munitions. Cette fois c'était un gros morceau que nous avions trouvé.

La radio parle de cet accrochage depuis deux jours, il y a bien eu une cinquantaine de rebelles tués. Le 7 juin les garçons du B.T.A. accrochent le reste de la bande, ils font cinq morts et récupèrent une mitrailleuse……..

 

Ce texte est extrait du livre "LE CONTINGISTE" il est reproduit avec l'aimable autorisation d'Edmond COURRALY.

 

Ce dernier a été affecté au 22ème R.I. du 08/11/1956 au 27/11/1958. Il a successivement occupé des postes à  VILLE BOURG, TIGRETH, MESSELMOUN, DUPLEIX, à la ferme MAITRE, à TALAYCORN, et LALA OUDA. Il recherche tous les camarades qui l'auraient connu et qui étaient en poste avec lui.

E.mail : edmond.courraly@orange.fr

 

  Michel.

 

 

 

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